A — Entre les pressants besoins budgétaires de l'Etat et l'opportunisme légendaire des investisseurs, le processus de cession des entreprises confisquées n'est pas à l'abri d'un scénario de mauvais augure. En effet, une cession précipitée pourrait générer des manques à gagner sur la valeur des entreprises.
Il convient de rappeler à cet égard que la Tunisie a connu d'amers épisodes à l'époque de la privatisation des entreprises publiques. Les proches de l'ancien régime ont bénéficié, durant plusieurs décennies, de délit d'initié, de jeux d'influence. Et le dense bilan s'élève à 320 entreprises réparties sur tous les secteurs d'activité qui valent plusieurs milliards de dinars.
Mais, compte tenu de la divergence de la nature des sociétés confisquées, plusieurs approches, plusieurs priorités, plusieurs intervenants on été mis en oeuvre pour traiter le dossier de ces entreprises, de la confiscation à la cession.
Bien que l'objectif soit unique, à savoir la restitution de ces richesses à l'Etat, les méthodologies pourraient diverger. Et les conséquences de ces différentes approches se manifestent sur la valeur de l'entreprise confisquée, sa compétitivité et sa pérennité. Et de facto, les répercussions se font sentir chez ses partenaires économiques et sociaux.
Parmi ces groupes de sociétés, des fleurons de notre économie sont dotés de montages financiers sophistiqués, de positionnements exemplaires dans leurs domaines et regorgent de compétences. Il s'agit d'une offre alléchante pour plusieurs opérateurs, notamment l'Etat et les investisseurs privés.
En effet, la cession des parts de l'Etat est de nature à générer des fonds précieux pour le budget. Mais le rythme de cession n'a été jamais aussi rapide. D'où plusieurs questions qui refont surface, dont une qui pourrait tout résumer : a-t-on choisi le temps opportun et les bonnes procédures pour assurer une meilleure valorisation de l'actif de ces entreprises et une meilleure rentabilité de leurs cessions ?
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