L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Afrique Australe: Transition - La SADC réclame une amnistie élargie

Le bloc économique régional réitère une amnistie pour Andry Rajoelina, président de la Transition, pour l'ancien président Marc Ravalomanana et pour les forces de l'ordre.

Une nouvelle épreuve pour la transition. La Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) réclame d'autres mesures d'accompagnement de la double non-candidature d'Andry Rajoelina, président de la Transition, et de l'ancien président Marc Ravalomanana, pour la sortie de crise.

Les chefs d'État de la Troïka, organe de coopération de la SADC « [demandent] au Parlement de la transition malgache d'adopter une loi accordant une amnistie générale à Andry Rajoelina, président de la Transition, et à Marc Ravalomanana, ancien président de la République », a indiqué un communiqué publié hier. Ils exigent également que « cette amnistie soit accordée aux forces de sécurité ».

L'Organe de coopération du bloc économique régional exige la concrétisation d'une autre mesure de la part des deux Chambres.

Il « exhorte le Parlement malgache à adopter une loi qui reconnaîtra le statut d'anciens Présidents ». Un statut qui « accordera des privilèges et l'immunité aux anciens Présidents ».

Le communiqué de la Troïka intervient après la déclaration d'Andry Rajoelina de ne pas se présenter aux présidentielles. Les chefs d'État de l'Organe de coopération de la SADC « saluent » la position affichée par l'homme fort de la Transition, emboîtant le pas à son principal rival.

Ils réitèrent que « le Président, le gouvernement, les chefs d'institution et toute la machine administrative demeurent neutres pendant la période de transition et particulièrement au cours du processus électoral. »

La Troïka émet des précisions et lance un rappel sur les résolutions du Sommet de la SADC en décembre 2012 en Tanzanie.

Ce rendez-vous a réitéré sa décision du retour sans condition de l'ancien président Marc Ravalomanana, sa position selon laquelle « la Loi sur l'amnistie devait être mise en oeuvre afin de créer des conditions propices au retour des exilés politiques, y compris de M. Ravalomanana. »

Il a exhorté l'élaboration des dispositions « qui garantiraient les privilèges des anciens Chefs d'État (...) avant les élections » et d'« abroger les lois destinées à faire obstacle à la participation de ces citoyens aux prochaines élections ».

Points de divergence

La Troïka « oublie » de préciser l'un des points de divergence entre les principaux protagonistes à la crise, à savoir le retour de l'ancien Président.

Marc Ravalomanana a martelé qu'« il n'y aura pas d'élection sans notre retour au pays », lors de son intervention téléphonique au cours de la réunion de ses partisans hier à Ampandrana.

De son côté, Andry Rajoelina reste inflexible sur la question, en réitérant la nécessité d'apaisement, pour repousser ce retour après les scrutins dans sa déclaration à la Nation, mardi.

Le camp d'Andry Rajoelina s'oppose à ces dispositions. Le président de la Transition a réitéré son refus de voir débarquer dans la Grande île son principal rival avant les élections mardi.

Il s'est déjà exprimé contre la révision de l'amnistie « dont l'élaboration avait été accompagnée par des experts internationaux » après le Sommet du bloc économique régional.

Une source proche de la Présidence revient à la charge pour évoquer le « non-respect des normes » autour de la demande de la Troïka.

« Le président Andry Rajoelina n'est pas concerné par l'amnistie car il n'est pas encore condamné. D'ailleurs, une telle disposition doit être impersonnelle », avance-t-elle après avoir soutenu les termes de la Feuille de route selon lesquels la SADC ne détermine pas l'étendue et le contenu des lois d'amnistie.

La mouvance Ravalomanana se frotte les mains sur la décision de la Troïka. Mamy Rakotoarivelo, président du Congrès et chef de la délégation, avoue sa « satisfaction ».

« La Troïka ne fait plus mention du cas du Président (Marc Ravalomanana) parce que le Sommet de la SADC est très clair sur le sujet », avance-t-il, interprétant la disposition comme étant un synonyme du retour de son patron avant les élections.

« Le communiqué est clair concernant l'adoption de l'amnistie avant les élections en précisant le Parlement de transition comme étant l'instrument sollicité pour celle-ci », soutient-il.

Proposition refusée

La Troïka de la SADC oppose une fin de non-recevoir à la suggestion d'Andry Rajoelina, président de la Transition. Les chefs d'État au sein de l'Organe de coopération du bloc économique régional « réitère que la SADC approuve le calendrier des élections présidentielles et parlementaires prévues en mai et juillet 2013 », selon le communiqué publié hier.

Andry Rajoelina avait évoqué l'inversion de l'ordre des élections. Il a suggéré la tenue des législatives avant les présidentielles au cours de sa déclaration à la Nation mardi. Il a affirmé que le jumelage du deuxième tour des présidentielles avec la députation « pourrait provoquer d'autres troubles ».

Il a assuré la possibilité d'organiser ces scrutins « entre le mois de mai et le mois de juillet ». Lanto Rakotomavo, secrétaire nationale du Tanora malaGasy Vonona (TGV), relaie le fondateur de son parti en exhortant les formations politiques et la société civile à formuler une demande allant dans ce sens.

Le calendrier élaboré par la Commission électorale nationale indépendante pour la transition (CENIT) et les experts des Nations unies prévoit le premier tour des présidentielles pour le 8 mai. Le second tour de la course à la magistrature suprême est couplé avec les législatives pour le 3 juillet.

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