18 Janvier 2013

Algérie: Prise d'otages d'In Amenas - Après l'attaque de l'armée algérienne, le bilan semble lourd

Photo: La Tribune
Des terroristes détiennent des otages dans une base près d’In Amenas

Après l'assaut de l'armée algérienne dans le complexe gazier d'In Amenas, il est toujours impossible d'établir un bilan précis de l'opération.

Celle-ci ne semble d'ailleurs pas terminée ce vendredi 18 janvier au matin. Selon un porte-parole des assaillants cité par une agence de presse mauritanienne, plusieurs otages et ravisseurs auraient été tués dans un premier assaut de l'armée algérienne, dont le chef du commando à l'origine de la prise d'otage, Abou al-Bara, un proche de Mokhtar Belmokhtar, l'inspirateur des islamistes.

l'armée algérienne a lancé l'assaut sur le site gazier d'In Amenas une trentaine d'heure aprés le début de la prise d'otages. Une méthode expéditive puisqu'il semble qu'elle ait d'abord pris pour cible un convoi de terrroristes qui essayait de fuir hors d'Algérie avec des otages.

Les forces d'intervention algériennes disposent pourtant de solides compétences, mais là, il s'agissait d'une prise d'otage dite « de masse », une quarantaine de travailleurs expatriés sous la menace d'une commando islamiste, sur un immense site gazier, le pire des scénarios.

On aurait pu s'orienter vers une négociation longue et c'est ce que font généralement les services d'interventions occidentaux. Là, le pouvoir algérien a pris le parti d'en finir rapidement quitte à mettre en péril la vie de dizaines d'étrangers. Une fermeté d'autant plus affirmée aujourd'hui, que pour la première fois, un groupe armé s'attaquait à un site stratégique, produisant du gaz du Sahara, le poumon de l'économie algérienne.

L'armée algérienne était-elle formée pour mener ce genre d'assaut ?

En fait, on sait très peu de chose sur les unités qui sont intervenues hier sur le site gazier. De source officielle, on indique que ce sont les forces spéciales de l'armée algérienne qui ont lancé l'assaut, là ou on attendrait plutôt une unité d'intervention, comparable au GIGN en France.

Or, ce type d'unité existe en Algérie...En 1987, ont été créés les Groupes d'interventions spéciales (GIS), les fameux « ninja » comme on les a surnommés pendant les années de plombs dans les années 90. Mais il faut souligner que ces unités sont davantages portées vers le contre terrorisme que vers la libération d'otages.

Les experts estiment toutefois,que les forces d'interventions algériennes disposent « d'un bon matériel et d'un vrai savoir faire » mais ces forces opérent surtout en ville où la menace est considéré comme la plus forte. Dans le cas présent, on était en plein désert, loin de tout, c'est peut-être ce qui explique l'utilisation de l'armée. Il faut souligner aussi que ce type d'intervention nécessite la mobilisation d'effectifs de sécurité importants compte tenu du nombre de terroristes à neutraliser et de la zone à couvrir.

C'est peut être ce qui a motivé l'utilisation de l'armée algérienne. Mais enfin, si vraiment les hélicoptères algériens ont mitraillé la colonne du commando qui essayait de s'enfuir avec les otages, on peut dire qu'elle a clairement manqué de retenue. Il y a encore de nombreuses zones d'ombres sur la manière dont s'est déroulé l'assaut. L'armée algérienne a toujours utilisé la manière forte contre les mouvement jihadistes. Depuis les années 90, le mot d'ordre est toujours le même, « on ne négocie pas avec les terroristes ».

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