Photo: Al Jazeera Washington, Paris et Londres attribuent la responsabilité des pertes humaines aux terroristes
Après les inquiétudes exprimées quant au sort de leurs ressortissants, nombre de pays occidentaux se sont finalement ralliés à la thèse algérienne, pour expliquer l'opération ayant abouti à la libération des otages algériens et étrangers aux mains des terroristes. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont, ainsi, condamné l'attaque terroriste contre les installations gazières d'In amenas, en attribuant la responsabilité des pertes humaines enregistrées aux terroristes qui l'ont menée.
Le président américain, Barack Obama, a, en s'exprimant pour la première fois depuis le début de cette crise, samedi soir, condamné l'attaque terroriste perpétrée contre le site gazier d'In Amenas, soulignant que la responsabilité de cette opération terroriste incombe aux terroristes qui l'ont menée. «La responsabilité de cette tragédie incombe aux terroristes qui l'ont menée, et les Etats-Unis condamnent leurs actions dans les termes les plus forts», a-t-il souligné dans un communiqué publié par la Maison-Blanche. «Nous avons été en contact permanent avec les responsables algériens et nous sommes prêts à fournir toute l'aide dont ils ont besoin à la suite de cette attaque», a-t-il poursuivi.
M. Obama a également indiqué que les Etats-Unis allaient «continuer à travailler en étroite collaboration avec tous leurs partenaires pour combattre le fléau du terrorisme dans la région, qui a coûté trop de vies innocentes». Pour le chef de la Maison-Blanche, l'attaque terroriste du site gazier d'In Amenas «est un autre rappel de la menace posée par Al Qaïda et d'autres groupes extrémistes violents en Afrique du Nord».
Hollande : l'Algérie avait eu «les réponses» les «plus adaptées»
Le président français, François Hollande, a, quant à lui, manifesté son soutien à l'Algérie dans sa gestion de la prise d'otages. «Quand il y a une prise d'otages avec autant de personnes concernées et des terroristes aussi froidement déterminés, prêts à assassiner, ce qu'ils ont fait, de leurs otages, un pays comme l'Algérie a les réponses qui paraissent, à mes yeux, les plus adaptées, car il ne pouvait y avoir de négociation avec les ravisseurs», a-t-il déclaré.
«Les décisions ont été prises par les autorités algériennes et je suis un peu heurté lorsqu'on a l'impression que ce sont les Algériens qui sont mis en cause alors qu'ils ont dû répliquer à des terroristes», a indiqué, hier, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sur les ondes d'une radio française. «Face au terrorisme il faut être implacable», a martelé le ministre français, ajoutant que «les Algériens mesurent à quel point le terrorisme est un mal absolu». «Il faut avoir à l'esprit que les terroristes, très nombreux, qui ont attaqué ce dépôt gazier sont des tueurs. Ils pillent, ils violent, ils saccagent. La situation était épouvantable, et il n'y a aucune impunité pour les terroristes», a-t-il ajouté.
Pour sa part, l'ancien ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant, a déclaré, hier, que l'Algérie «a fait face à un problème d'une ampleur exceptionnelle», lors de la prise d'otages sur le site gazier d'In Amenas. «Les exigences des ravisseurs ne pouvaient être satisfaites. Plus de 600 personnes étaient retenues en otages. Et l'Algérie ne pouvait accepter que des otages soient dispersés dans le désert», a-t-il ajouté, dans un entretien au Journal du dimanche (JDD).
La Grande-Bretagne souligne la responsabilité des terroristes
Le Premier ministre britannique, David Cameron, a estimé que la responsabilité du dénouement sanglant de la prise d'otages incombait «totalement aux terroristes». Il a aussi souhaité mettre la question de la lutte contre le terrorisme «tout en haut de l'agenda» du G8, dont le Royaume-Uni assure la présidence en 2013.
«Maintenant, bien sûr, les gens vont s'interroger sur la réponse des Algériens à ces événements», mais «quand vous devez faire face à un acte terroriste de cette ampleur, avec une trentaine de terroristes impliqués, il est extrêmement difficile d'y répondre et d'être bon sur toute la ligne», a-t-il expliqué.
L'Italie s'engage à lutter contre le terrorisme
«Les nouvelles dramatiques qui nous viennent d'Algérie, où des dizaines de personnes qui avaient été prises en otages mercredi ont trouvé la mort à Tiguentourine, ne sont que les conséquences néfastes du lâche attentat que le gouvernement italien condamne fermement», a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Giulio Terzi.
Le ministre italien a indiqué que son pays confirme «son engagement et sa forte détermination à lutter contre toute forme d'extrémisme et de violence, notamment dans le cadre d'une collaboration internationale contre le terrorisme».
L'UA condamne «fermement»
La présidente de la commission de l'Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma, a qualifié cet acte terroriste de «haineux que rien ne peut justifier» et a réaffirmé sa préoccupation face à «l'aggravation» du terrorisme dans la région sahélo-saharienne.
Elle a, par la même, rendu un hommage «particulièrement mérité» aux forces armées algériennes, en se disant consciente des «circonstances particulièrement difficiles» dans lesquelles les opérations de sauvetage ont dû être conduites.
«Le professionnalisme de cette armée a permis d'épargner de nombreuses vies humaines, tant de travailleurs algériens qu'étrangers», a-t-elle souligné.
L'OCI solidaire avec l'Algérie
Le secrétariat général de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) a «affirmé sa solidarité avec l'Algérie, l'un des membres fondateurs de l'Organisation, dans son combat contre le terrorisme», insistant sur «son droit légitime, dans le cadre de la préservation de la sécurité et la stabilité du pays, à recourir à tous les moyens nécessaires pour faire face aux auteurs de cet acte terroriste perpétré à In Amenas et libérer les otages algériens et étrangers».

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