Photo: Al Jazeera Le bilan de la prise d'otages menée sur le site gazier d'In Amenas risque d'être revu à la hausse, de nombreux pays étant toujours, hier, à la recherche de leurs ressortissants au lendemain du dénouement.
Le ministre de la Communication, M. Belaïd Mohand Oussaïd, l'a, d'ailleurs, annoncé, hier sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, que le nombre de victimes risquait d'être «revu à la hausse» en précisant que les forces spéciales de l'Armée nationale populaire (ANP) continuaient de sécuriser le site. «Les forces spéciales continuent toujours de sécuriser le site gazier de Tiguentourine à la recherche d'éventuelles autres victimes, puisque le bilan donné jusque-là par le ministère de l'Intérieur est provisoire», a-t-il déclaré. Rappelons que le bilan provisoire donné par le ministère de l'Intérieur fait état de la libération de plus de 680 otages, la neutralisation de 32 terroristes et du décès de 23 personnes. «Je crains fort, hélas, que ce bilan soit, malheureusement, revu à la hausse», a regretté le ministre de la Communication, qui a précisé que «le bilan définitif sera connu dans les heures qui viennent». L'Algérie n'a pas encore donné la nationalité des victimes mais des Occidentaux et des Asiatiques figurent parmi elles.
Parmi les étrangers confirmés morts par leurs pays figurent un Français, un Américain, un Roumain, trois Britanniques et une personne résidant au Royaume-Uni, alors que le sort de trois autres reste inconnu. Dix Japonais étaient toujours portés manquants hier, a indiqué leur employeur nippon, tandis que la Malaisie était toujours à la recherche de deux de ses ressortissants. Le groupe pétrolier norvégien Statoil, a fait état, pour sa part, de cinq Norvégiens manquants.
Un employé colombien de BP pourrait faire partie des otages tués, a indiqué le président Juan Manuel Santos. Le ministre de la Communication a tenu, par ailleurs, à affirmer que l'Algérie était prête «à faire face à toute agression». «Face à cette tentative de déstabilisation contre l'Algérie, nous répondons que nous avons une armée de 38 millions d'Algériens», a-t-il dit. Sur la nationalité des terroristes, M. Mohand Oussaïd a indiqué qu'ils sont issus de six nationalités et originaires de pays arabes, africains et non africains.
A propos de l'assaut décidé par les autorités algériennes, le ministre a souligné que «devant le refus de ces groupes terroristes d'obtempérer et devant leur intention affichée de fuir en emmenant les otages, il n'y avait pas d'autres moyens que de passer à l'action». «Les terroristes étaient décidés soit à réussir leur opération comme ils l'avaient planifiée, soit à faire exploser tout le complexe gazier et exécuter tous les otages», a-t-il ajouté.
Réagissant aux attitudes critiques de certains pays par rapport à l'assaut, il a indiqué d'abord que c'était «une question de souveraineté nationale» en relation avec «des intérêts suprême de l'Etat algérien» et une décision qui nécessitait, dans cette situation, «le secret absolu». «Cette action, qui était mal saisie par certaines capitales occidentales, a fini par être comprise vers la fin», au regard de certaines déclarations officielles qui ont reconnu que l'Algérie «n'avait pas d'autre moyen que d'agir pour mettre fin à ce cauchemar». Il a également souligné que «certaines réactions émanaient de pays en campagne électorale», et que c'était «peut être un discours qui est destiné à la consommation interne», avant de relever que «maintenant tout le monde a compris et s'est rangé à la thèse algérienne». M. Mohand Oussaïd a également rappelé que l'Algérie avait dès le départ fermé la porte aux chantages pour avoir été à l'avant-garde du refus de payement de rançons qui, a-t-il dit, servirait à l'achat d'armes et à l'augmentation des capacités de nuisance des groupes terroristes. Il est à préciser que le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, animera aujourd'hui, en milieu de journée, une conférence de presse portant sur l'attaque terroriste d'In Amenas.

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