Mali: Les médias du pays s'organisent

En temps de guerre, le traitement de l'information est plus que jamais difficile. Voici comment les rédactions s'organisent à Bamako.

Un traitement partial et partisan de l'information, la désinformation et la propagande, dans une situation aussi délicate que la guerre, contribueraient à empoisonner le climat social et à radicaliser les positions des différentes parties en conflit. Comment gérer une telle situation ? Après un passage dans les différentes rédactions de Bamako, le constat est que chacun essaie de jouer son rôle avec responsabilité.

Des citoyens maliens avant tout

A situation exceptionnelle, comportement exceptionnel. Au quotidien Les Echos un des premiers journaux maliens privés, l'heure de bouclage et d'impression a changé. Selon son directeur de publication, Alexis Kalembry, les consignes sont différentes, il est recommandé à chaque journaliste s'occupant du dossier de la guerre d'opérer un traitement responsable tout en respectant l'éthique et la déontologie. Sans oublier que les journalistes sont des "citoyens maliens avant tout", ajoute le directeur.

En cette période, le journaliste est tiraillé entre ses exigences professionnelles et celles de son organe, sa sécurité physique et le devoir d'informer. D'énormes difficultés s'imposent donc aux hommes de plumes et de micros. Pour Brumo Djito Segbedji, chef desk politique et institutions du quotidien privé L'Indépendant, il faut diluer l'information avant de la publier, sans oublier le devoir de donner la bonne information.

Moins de gros titres

Les différents regroupements d'éditeurs de presse montent aussi au créneau, à travers des communiqués de presse, pour montrer des repères à suivre par les journalistes en de telles situations. "Nous allons faire rapidement des formations en ce sens et à travers les communiqués nous avons demandé aux directeurs de publication de mettre la pédale douce", souligne Dramane Aliou Koné, président de l'Association des éditeurs de presse.

Sur le terrain, en parcourant les kiosques à journaux et les studios de radio, le message semble être suivi. Moins de gros titres et moins de commentaires incendiaires mais plus d'analyses lucides des faits.

Des citoyens assoiffés d'informations

Mahamadou Kane est journaliste à Radio Klédu, une radio privée de Bamako, il souligne que, dans leur station, l'info est filtrée avant la diffusion. "Ici, nous nous méfions de l'information venue des différents sites web, mais nous avons un envoyé spécial au front. Tout cela est coordonné avec responsabilité."

Pour Sambi Touré président de l'Observatoire pour l'éthique et la déontologie de la presse et directeur de la publication du journal quotidien Infos-Matin, "le comportement des journalistes en cette période doit être surveillé comme du lait sur le feu, car toute défaillance peut être fatale."

S'il y a un corps de métier actuellement sollicité et qui ne cesse d'aller au charbon, avec tous les risques possibles, c'est bien celui des hommes de médias. En temps de crise plus qu'en temps de paix, les citoyens sont en effet assoiffés d'informations.

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