Magharebia (Washington DC)

Afrique du Nord: La Tunisie démantèle un réseau terroriste

Tunis — La Tunisie est peut-être éloignée géographiquement du Mali, mais le pays ne ressent pas moins les effets d'un jihadisme transnational qui se propage.

Onze Tunisiens comptaient parmi les trente-deux terroristes qui ont mené l'attaque à In Amenas, a indiqué le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal le lundi 21 janvier.

Cette annonce a été faite quatre jours après que les services de sécurité tunisiens eurent démantelé un réseau terroriste dans la région de Médenine, dans le sud-est du pays, le long de la frontière avec la Libye et l'Algérie.

L'unité antiterroriste a saisi des grenades à main, une quantité de matériel explosif, des détonateurs, des mines antichars et des fusées éclairantes. Elle a également confisqué plus d'un kilomètre de fusible d'explosif, 1 800 balles de différents calibres, des cartouches de Kalashnikov, des lunettes, des uniformes militaires, du matériel de communication et des matelas destinés à l'entraînement militaire.

Les suspects auraient opéré un réseau de trafic d'armes dans plusieurs régions du pays.

"La Tunisie devient apparemment un couloir de passage des armes libyennes vers le nord du Mali", a déclaré le Président Moncef Marzouki dans un entretien avec France24.

Les jihadistes tunisiens ont des liens avec les forces terroristes régionales, a souligné le chef de l'Etat.

Cette opération de Médenine, qui coïncidait avec l'attaque contre le complexe gazier en Algérie, fait apparaître le spectre d'un réseau terroriste transnational grandissant qui cherche à déstabiliser la région et à recruter des combattants pour le Mali.

"Le nombre de jihadistes tunisiens est aujourd'hui estimé à plusieurs milliers, dont certains combattent en Syrie, d'autres au Mali", a déclaré Mohamed Ben Zikri, professeur de relations internationales. "Cela est naturel dans la mesure où les groupes salafistes ont profité de la déception et du désespoir perceptibles au sein de la jeunesse tunisienne, notamment chez ceux qui ont été libérés de prison, pour les attirer et les recruter dans des organisations terroristes."

Il a précisé que le gouvernement et la société tunisienne doivent se préparer au retour des jihadistes en Tunisie "et à ce qui pourra advenir par la suite".

Pour le journaliste Rim Saidi, la Tunisie est "l'un des plus grands pays exportateurs de terrorisme". Les terroristes tunisiens ont compté "parmi les cerveaux d'al-Qaida et d'autres groupes terroristes", selon Saidi.

Confronté à cette vague grandissante du jihadisme, le gouvernement a demandé à tous les Tunisiens et aux forces nationales d'assumer leurs responsabilités dans la lutte contre la violence, de manière à isoler les groupes extrémistes.

Il a également demandé aux pays du Maghreb d'unifier leurs efforts et leurs politiques sécuritaires, parce qu'ils sont les plus affectés par les retombées de la crise au Mali.

"Nous suivons de très près ce qui se passe dans ce nid de frelons, car ce nid constitue une menace pour la sécurité de plusieurs pays, notamment de la Tunisie", a déclaré Marzouki samedi dernier.

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