L'Express de Madagascar (Antananarivo)

23 Janvier 2013

Madagascar: La carte d'identité nationale fait débat

Le Grand argentier place le ministère de l'Intérieur devant sa responsabilité dans l'opération carte d'identité nationale, nécessaire pour améliorer la liste électorale. Ce dernier avait critiqué son département sur le dossier.

Ping-pong au sein du gouvernement. Hery Rajaonarimampianina, ministre des Finances et du budget, apporte sa version après l'avertissement lancé par Florent Rakotoarisoa, ministre de l'Intérieur, concernant le retard dans l'opération carte d'identité nationale.

« Ce travail est prévu depuis un certain temps (...) Il faut le commencer mais ne pas attendre que tout l'argent soit réuni pour le faire », a indiqué le Grande argentier en marge de la cérémonie de remise de matériels roulant et informatique à la Commission électorale nationale indépendante pour la transition (CENIT), hier à Alarobia.

Le ministre des Finances et du budget réagit aux remarques du ministère de l'Intérieur au sujet de l'opération jugements supplétifs et CIN. « Il ne faut pas se rejeter la responsabilité. Le gouvernement est prêt. Ce n'est pas un problème (...) Mais il existe des procédures à respecter au sein de l'administration », avance-t-il.

Hery Rajaonarimampianina fait état d'une « procédure de vérification », des dépenses engagées avant d'entamer une autre démarche pour répondre à la demande du ministère de l'Intérieur. « On parle des dépenses engagées en 2010 et 2011 en matière d'indemnités et de carburants [au titre du ministère de l'Intérieur]. Nous vérifions si celles-ci cadre avec l'opération (...) En tout cas, le chiffre avancé de déblocage de 25% de l'enveloppe demandée n'est pas proche de la réalité », précise-t-il.

Florent Rakotoarisoa, ministre de l'Intérieur, avait mis la pression sur le ministère des Finances et du budget sur le financement de l'opération CIN, il y a quelques jours. Il avait fait part du « retard » du décaissement du fonds pour financer l'opération. Son ministère avait laissé entendre l'insuffisance du fonds d'Ar 1,2 milliard alloué par le ministère des Finances et du budget.

Enjeu non-négligeable

Il appréhende la difficulté de la réalisation, à temps, de l'opération et de permettre à tous les électeurs en âge de voter de disposer d'une CIN et donc d'un droit de vote, après avoir rappelé l'engagement personnel des chefs de district pour la précédente opération. L'opération CIN représente un enjeu non-négligeable dans le cadre de la confection de la liste électorale. La CENIT avait recensé près de 800 000 personnes en âge de voter qui ne disposent pas de carte d'identité et donc privées de droit de vote. Un chiffre qui pourrait monter jusqu'à un million sur les 10 millions d'électeurs, projetés par l'Institut national de la statistique (Instat), selon le ministère de l'Intérieur jusqu'à la fin du recensement.

Florent Rakotoarisoa n'a pas pu être joint. Son département est revenu à la charge en formulant une communication sur « l'importance de l'accélération des procédures au Ministère des Finances et du budget » lors du conseil du gouvernement hier matin à Iavoloha, selon le communiqué officiel. Il s'agit d'une demande relative aux indemnités non-payées concernant l'opération CIN.

Béatrice Atallah, présidente de la CENIT, tente d'arrondir les angles. « Il ne faut pas dramatiser la situation. Nous ne sommes pas obligés de disposer d'une liste électorale avec 100% des électeurs disposant d'une carte d'identité nationale. Ce n'est ni la faute de la CENIT, ni celle du ministère des Finances et du budget, ni celle du ministère de l'Intérieur », soutient-elle. « En tout cas, l'opération carte d'identité nationale fait partie de la tâche quotidienne des chefs de district », glisse-t-elle.

La présidente de l'organe chargé de préparer et d'organiser les consultations populaires, tente de rassurer l'opinion. « Le plus important c'est le taux d'exactitude des informations des électeurs sur la liste électorale. Celui-ci doit atteindre un taux de 97%. Pour le taux d'exhaustivité, le souhait est d'atteindre 90% », poursuit-elle. « Cela ne constitue pas un obstacle pour la tenue des scrutins », affirme-t-elle, évitant de parler d'obligation derrière le taux d'exhaustivité à hauteur de 90% évoqué.

Les Nations-unies saisies

La requête présidentielle à l'étude. À entendre Béatrice Atallah, présidente de la Commission électorale nationale indépendante pour la transition (CENIT), la proposition d'Andry Rajoelina, président de la Transition, d'inverser le calendrier des présidentielles et des législatives, est transmise aux Nations-unies.

« Nous attendons une réponse des Nations unies. Le dossier se trouve entre les mains du secrétaire général de l'ONU, [Ban Ki-moon] », a-t-elle indiqué en marge de la cérémonie de remise de matériels roulant et informatique, hier à Alarobia.

Béatrice Atallah affirme avoir été saisie de la demande présidentielle. « Nous avons adressé une lettre au président de la Transition. La demande a été transmise au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et puis, au siège des Nations unies », affirme-t-elle.

La présidente de la CENIT évoque le « parallélisme de forme » et « le respect de la Feuille de route » pour expliquer la démarche. Le calendrier électoral actuel a été décidé conjointement par l'organe chargé de préparation et d'organisation des scrutins. Il prévoit le premier tour des présidentielles pour le 8 mai et le second tour, couplé avec les législatives pour le 3 juillet. Andry Rajoelina avait suggéré la tenue de la députation avant les présidentielles le 15 janvier « pour éviter des troubles ».

La Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et l'Union africaine se sont déjà prononcées pour le maintien du calendrier actuel. Sahondra Rabenarivo, juriste, opte également pour ce scénario. « Je pense qu'un travail non-négligeable et bien réfléchi a été porté sur le calendrier et la séquence des élections présentement proposées. C'est un travail à ne pas défaire d'un seul coup de tête », souligne-t-elle dans sa chronique du 20 janvier. « Le calendrier est extrêmement serré, pour ne pas dire intenable, mieux vaut se concentrer en premier lieu sur une élection. »

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