Aminata.com (Conakry)

Guinée: La torture est toujours d'actualité dans le pays

Même si on pensait qu'en Guinée, la torture était engloutie dans la poussière noire des temps avec la disparition du responsable suprême de la révolution ziguilleuse et tranchante qui a causé la mort plus de 50 mille Guinéens dans le sinistre camp Boiro et aussi avec le départ des militaires au pouvoir et l'arrivée d'un civil qui se dit être un professeur de droit aux commandes du pays, la torture est toujours d'actualité au pays du Pr. Président Elhadj Alpha Condé.

Pour se convaincre de cette triste réalité, il suffit d'écouter le procès des présumés coupables de l'attaque de résidence privée du Chef de l'Etat Guinéen, Alpha Condé sis à Kipé, dans la Commune de Ratoma.

Tous les interrogés du moment, ont déclaré à la barre avoir été victime des traitements inhumains et dégradants pour les amener à citer des personnes qu'on veut incriminer dans cette attaque.

Mme Fatou Badiar Diallo, la seule femme du lot déclare avoir passé sa première nuit de détention dans une salle où se trouvaient uniquement des bandits de grand chemin. Pourquoi l'avait-on-conduite là ?

N'est ce pas une façon de la livrer à ces voyous qui ne voyaient pas une femme depuis des lustres à plus forte raison de satisfaire leurs besoins biologiques ? Seulement les agents services pénitenciers peuvent répondre à ces questions.

L'on se rappelle que l'année dernière, une ONG française, dénommée ACAT (entendez Association des Catholiques pour l'Abolition de la Torture), en collaboration avec l'organisation guinéenne pour la défense des Droits de l'homme, avait édité un document titré « la torture existe toujours en Guinée »

Au cours d'un point de presse organisé à cet effet, M. Clément de l'ACAT avait laissé entendre que la torture existe en Guinée. Et depuis l'élection du Pr. Président Elhadj Alpha Condé, elle est appliquée aux détenus de droit commun.

Ceux qui ont été interpellés lors des violences post électorales et lors des manifestations de l'opposition en avril et septembre 2011 ne diront pas le contraire.

Cependant l'Etat Guinéen a ratifié et signé toutes les conventions internationales relatives au respect du Droit de l'homme et de la personne humaine qu'on pourtant sacrée.

Comme disait Thierno Madjou Sow, le Président de l'organisation guinéenne pour la défense des Droits de l'homme, la Guinée est gâtée en matière de textes. Mais l'applicabilité fait toujours défaut. Pour les observateurs de la scène guinéenne, cet état est imputable à l'ignorance du contenu par les détenteurs de la loi.

Du côté des citoyens Guinéens cela est dû au fait qu'en Guinée la loi ne s'applique que selon l'humeur du Président en place. Elle n'est faite que pour les pauvres.

Pour preuves soutiennent ces pauvres citoyens, en dépit de l'instauration de la « démocratie » les nouvelles autorités guinéennes ne répondent pas aux appels de certaines institutions internationales.

Car elles refusent toujours de fournir des rapports annuels sur la torture en Guinée. Et mieux ces mêmes autorités et les détenteurs de droit commun, ignorent toujours la présomption d'innocence.

C'est ce qui fait les conditions de vie des détenus sont toujours déplorables car subissent des traitements dégradants et inhumains de la part des forces de l'ordre lors de l'interpellation ou à l'interrogatoire. Ceci pas pour entendre la vraie version.

Mais celle qu'ils veulent entendre à eux. Pas étonnant quand on sait que l'opposant historique et candidat du RPG arc-en-ciel peu après son arrivée au Palais Sékhoutouréyah, avait déclaré à qui voulait l'entendre, qu'il prendrait la Guinée, là où Sékou Touré l'avait laissée. Tu parles du retour des complots imaginaires?

C'est ce qui fait que l'impunité qui ronge le pays depuis son indépendance en 1958 étant toujours de mise, les Guinéens sont loin encore de sortir de l'auberge. En tout cas eu égard au fonctionnement actuel de la justice guinéenne et la prise de position de certains magistrats, le tout couronné par les violences répétitives infligées aux citoyens Guinéens, tant à Conakry qu'à l'intérieur du pays par les Forces de Défense et de Sécurité prouvent à suffisance que l'instauration de la démocratie et de l'Etat de droit pour lesquels les Guinéens ont consentis des lourds sacrifices ne pointent pas encore à l'horizon au pays du Elhadj Alpha Condé. Est ce une malédiction? Vous avez dit démocratie ? Au secours Etat de droit.

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