Le Phare (Kinshasa)

23 Janvier 2013

Congo-Kinshasa: Après le M23, le «M26» recrute !

Kinshasa — Décidément, la République Démocratique du Congo est loin de clore la très longue liste de ses groupes armés dans sa partie Est. Selon Radio Okapi, le dernier-né en date porte le sigle fort significatif de « M26 », en référence à sa date de création, à savoir le 26 octobre 2012.

Pendant que la province du Nord-Kivu était secouée par un nouveau conflit armé créé de toutes pièces par le Rwanda et l’Ouganda à partir de mars-avril 2012, d’anciens combattants du groupe armé dénommé Nyatura se regroupaient sous le label du « M26 ».

Jusque-là, personne n’a fait attention à cette force négative présente au Nord-Kivu et plus précisément dans la localité de Mpati depuis quatre mois, le M23 s’attirant tous les projecteurs de l’actualité.

Apparemment, les négociations de Kampala intéressent beaucoup de seigneurs de guerre qui écument la partie Est de la République. Car, le « M26 » semble avoir attendu l’adoption de l’ordre du jour par les délégués du Gouvernement et ceux de la rébellion pour se lancer dans une vaste campagne de recrutement de ses futurs combattants.

En conséquence, depuis le début de l’année en cours, c’est pratiquement le sauve-qui-peut dans plusieurs villages du Nord-Kivu, où les recruteurs fondent sur tous les hommes valides, dont l’âge varie de 17 à 50 ans.

Les écoles se trouvent particulièrement dans le collimateur du « M26 ».

Selon plusieurs témoignages, de nombreux élèves et leurs enseignants ont déjà été victimes de rafles à partir de leurs salles de classe. Compte tenu de ce recrutement sauvage, la plupart d’écoles de Mpati ont été désertées aussi bien par les élèves, les enseignants que les agents administratifs. Tous les jeunes et les adultes dont l’âge virtuel varie entre 17 et 50 ans sont entrés en clandestinité dans les forêts environnantes, fuyant tous les jours les équipes des recruteurs du « M26 ».

Les responsables locaux de l’Enseignement Primaire et Secondaire (EPSP) qui se cachent pour ne pas tomber victimes d’un recrutement forcé, redoutent une année blanche.

Pour quel dessein le « M26 » a-t-il déclenché une campagne de recrutement de combattants au Nord-Kivu ? La question est sur toutes les lèvres. D’aucuns pensent que les seigneurs de guerre exclus jusque-là des pourparlers de Kampala ne croient pas du tout en un règlement pacifique de la crise congolo-congolaise ayant pour épicentre le Nord-Kivu. Aussi, dans le but de se préparer au pire, le « M26 » a-t-il levé l’option de renforcer son potentiel militaire.

Les FDLR et les Mai-Mai/Pareco aussi

Comme si un mot d’ordre venu de quelque par aurait été communiqué aux « forces négatives » basées au Nord-Kivu, les rebelles rwandais des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) ainsi que les miliciens Mai-Mai/Pareco se sont eux aussi mis à la recherche de recrues appelées à étoffer leurs rangs. Ces deux forces négatives recrutent, à leur tour, dans la même aire géographique que le « M26 », ce qui ne fait qu’aggraver la panique dans les milieux des jeunes-gens et adultes jugés aptes au métier des armes.

Ainsi, depuis ce mois de janvier, les « attaques » des écoles, villages, marchés, services administratifs, champs et autres ne se comptent plus.

A en croire de nombreux autochtones, les éléments des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) positionnés à une vingtaine de kilomètres de la localité de Mpati ne semblent pas avoir encore reçu l’ordre de décourager la chasse à l’homme déclenchée par ces forces négatives. Cela est d’autant déplorable que les activités scolaires, administratives, commerciales et culturales sont pratiquement paralysées à la suite de cette situation d’insécurité. Le M23, qui a relancé la sale entreprise de recrutement aveugle de combattants est en train de faire des émules au Nord-Kivu.

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