Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Menace terroriste - La psychose gagne les populations du nord

La psychose a fini de s'installer dans la partie nord du pays. Conscientes de la perméabilité de la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie, ses habitants craignent la transformation de leur zone en base arrière pour les islamistes.

(Correspondance) - Depuis que la crise malienne a pris les proportions que l'on connait au point de susciter toutes les supputations, notamment une possible introduction du mouvement salafiste dans d'autres pays de la sous-région, les populations du Fouta riveraines du fleuve Sénégal ne dorment plus que d'un seul oeil. Une psychose liée à la porosité de nos frontières (surtout du côté Nord) qui serait une aubaine pour les «fous de Dieu» au cas où ces derniers prendraient sur eux d'étendre leurs tentacules chez nous. Cette psychose risque de se propager du fait que, contactées par Wal Fadjri, des sources sécuritaires font état de craintes légitimes liées à la qualité de nos frontières. Aujourd'hui, dans les grand'places et marchés, l'on ne parle que de cela. L'idée de l'existence de réseaux islamistes dormants au Sénégal et notamment au Fouta fait qu'on parle de plus en plus d'une menace islamiste dans nombre de foyers. L'appel lancé par les services de sécurité sénégalo-mauritaniens en direction des populations les invitant à coopérer en dénonçant tout mouvement suspect n'a fait qu'ajouter aux craintes de celles-ci. En effet, une invite a été faite aux populations d'alerter les services de sécurité en charge de la police des frontalières en cas de découverte de personnes ou de véhicules suspects. Un numéro de téléphone leur a été, même, indiqué dans ce sens.

Malgré les assurances des gendarmes chargés de veiller sur la sécurité des populations, le moins qu'on puisse dire est que l'inquiétude se lit sur beaucoup de visages. Celle-ci est plus perceptible chez les habitants de l'Ile-à-morphil du fait de leur proximité avec la Mauritanie. De Sorimalé à Dioudé Diabé, en passant par Saldé, Wassétaké, Barobé, Diaranguel, Wallah, et Thioubalel, il n'est point difficile d'accéder au Sénégal à partir de la Mauritanie. «Nos frontières sont réellement perméables du fait de l'absence de services de sécurité. Ici, les gens traversent le fleuve qui fait office de frontière comme ils veulent, de jour comme de nuit», se désolent nombre de paysans contactés dans la zone. Selon lui, si les islamistes voulaient faire du Sénégal leur base arrière, ils n'auraient aucune difficulté à y accéder.

Pour rappel, c'est à Mboyo Walo que les deux terroristes qui avaient tué les touristes français en Mauritanie ont été appréhendés avant que l'un d'entre eux ne se donne la mort avec sa ceinture explosive. Après avoir commis leur forfait, les deux assassins ont voulu trouver refuge au Sénégal en traversant le fleuve. Mais, grâce à une combinaison des actions entre les polices des frontières du Sénégal et de la Mauritanie, les terroristes seront arrêtés. De même, il n'y a guère lontemps, des islamistes qui s'étaient introduits au Sénégal via Rosso avaient été repérés et interpellés à Dagana où ils faisaient des prêches dans une mosquée.Tout cela, ajouté au fait que les imams mauritaniens ont unanimement condamné l'intervention militaire au Mali, l'assimilant à une croisade contre l'Islam, donne le tournis aux populations du Fouta qui se sentent exposées comme ce fut le cas lorsque la crise sénégalo-mauritanienne était arrivée à son paroxysme.

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