La Prospérité (Kinshasa)

24 Janvier 2013

Ouganda: Kampala - Tout peut s'arrêter !

Kinshasa — Les discussions entre Kinshasa et le M23 semblent offrir des perspectives incertaines, constatent des observateurs sur place à Kampala qui, en sus, ne s'empêchent pas d'affirmer que tout peut s'arrêter d'ici samedi prochain. En effet, après l'évaluation de l'accord du 23 mars 2009, le blocage s'installe confortablement. Et, pour cause ? Les revendications du M23 inscrites aux points II et III de l'ordre du jour des discussions notamment, sur les questions sécuritaires, sociales, politiques et économiques, ont tout simplement été déboutées par M. Crispus Kiyonga, ci-devant facilitateur du dialogue.

Pour toute raison, ce dernier rappelle qu'il n'a pas reçu mandat des Chefs d'Etat de la CIRGL de toucher à ces fruits interdits. Car, dans l'entendement des mutins, les discussions de la Capitale ougandaise devraient aboutir au chambardement des institutions légitimes de Kinshasa. Une sorte de prime à la guerre. Kiyonga est resté ferme : pas question. Du coup, l'espoir s'est envolé du côté de certains responsables de la rébellion qui caressaient le rêve du fameux partage du gâteau qui, cette fois-ci, ne se réalisera jamais. D'où la colère. Au point que certains parmi eux récusent déjà le facilitateur, le taxant de faire le jeu de Kinshasa. Pour des analystes, si ce dialogue se terminait dans ces conditions-là, il ne serait pas exagéré de parler d'un échec cuisant. Que du gaspillage pour des travaux supportés par Kinshasa où chaque délégué toucherait USD 500 par jour. Et dire qu'ils sont une soixantaine, sans compter les assistants et autres experts... Les rêves du partage de gâteau que caressait la plupart de cadres du M23, surtout ceux qui ont rejoint la rébellion pour le besoin de la cause, commencent à s'évanouir. Un peu comme pour dire : "l'espoir s'est envolé".

En effet, à en croire la dépêche de dernière minute parvenue à La Prospérité à 21 heures, heure de Kinshasa et 23 heures, heure de Kampala, tout peut s'arrêter d'ici samedi prochain dans la Capitale ougandaise. Et pour cause ? Les revendications du M23 visant la remise en question de la légitimité du pouvoir de Kinshasa ont été déboutées par la facilitation. Au sujet de cette question délicate, M. Crispus Kiyonga, Ministre Ougandais en charge de la défense et facilitateur de ces pourparlers, s'est déclaré incompétent. Il s'est montré très ferme, en refusant d'organiser un débat sur la légitimité des institutions congolaises issues des élections 2011. Pour toute raison, M. Kiyonga affirme n'avoir reçu aucun mandat des Chefs d'Etat de la CIRGL quant à ce. A la limite, le facilitateur s'est disposé à réceptionner un document présentant la vision du M23 sur cette question, mais jamais discuter sur un quelconque chambardement des institutions légitimes de la RDC. Du coup, c'est la colère au sein du M23 dont certains membres seraient même prêts à récuser le facilitateur, l'accusant de rouler pour le compte de Kinshasa.

Côté Kinshasa, on se félicite de cette position du facilitateur, tout en espérant un aboutissement rapide du dialogue, avec au finish, une conclusion générale. Pour les observateurs, cependant, si ce dialogue s'achevait dans ces conditions-là, il ne serait pas exagéré de parler d'un échec ou encore d'un atterrissage forcé sur une piste à problèmes. Et pourtant, c'est visiblement là la voie ou, mieux, le résultat qui, malencontreusement, risque d'alimenter, une fois de plus, la psychose autour de l'éventualité de la reprise des bruits de bottes, avec son cortège de malheurs sur une population sacrifiée sur l'autel des intérêts bassement matériels. Que du gaspillage ! Quand on sait que ces pourparlers, selon certaines indiscrétions, seraient à charge de Kinshasa.

Avec une trentaine de mandatés par délégation, soit plus de soixante personnes s'il faut ajouter les assistants et autres experts qui, chacun, aurait droit à USD 500 par jour, c'est tout de même trop pour un pays laminé par la crise et qui tente difficilement de se relever. Human Rights Watch accuse Dans une lettre ouverte adressée aux dirigeants de l'Union Africaine, en perspective de la tenue du Sommet des Chefs d'Etat qui se tient du 27 au 28 janvier 2013 à Addis-Abeba, Human Rights Watch voudrait que l'organisation panafricaine s'occupe de la situation des droits humains créée par la crise à l'Est de la RDC. Pour HRW, les violences dans l'Est de la RD. Congo continuent de causer des pertes effroyables en vies humaines parmi la population civile.

En effet, souligne HRW, au cours des neuf derniers mois, les rebelles du M23 qui ont commis des exactions généralisées équivalant à des crimes de guerre notamment, les assassinats des civils, des exécutions sommaires, des viols et des opérations de recrutement d'enfants soldats et ce, avec l'appui logistique du Rwanda. Aussi, invitant Kigali à cesser tout soutien au M23 qu'il qualifie de mouvement rebelle violent, HRW appelle l'UA à insister pour que les commandants du M23 impliqués dans des crimes de guerre soient arrêtés et traduits en justice. Vraisemblablement, tout tourne contre le M23 et son principal parrain, le Rwanda qui, coincé, a fini par accepter l'envoi de Drones pour la surveillance des frontières de la RDC.

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