L'Express (Port Louis)

24 Janvier 2013

Madagascar: La France contre un retour immédiat de Ravalomanana

Le nouvel ambassadeur de France, François Goldblatt, soutient la position du président de la Transition. Il propose de remettre à plus tard le retour au pays de l'ancien président Ravalomanana.

Une annonce qui va faire grincer des dents. La France exprime sa position contre le retour de l'ancien président Marc Ravaloma­nana avant les élections. « Il ne faudrait pas que ce retour ait lieu avant les élections », a indiqué François Goldblatt, son nouvel ambassadeur, hier à Anosy. C'était en marge de la présentation de la copie figurée de ses lettres de créance à Pierrot Rajaonari­velo, ministre des Affaires étrangères, soit quelques heures avant qu'il ne les présente à Andry Rajoelina, président de la Transition.

François Goldbatt fonde sa position sur la question de l'apaisement. Le diplomate français a mis en avant toute démarche « entrant dans la logique d'apaisement tracée par la Feuille de route ». Le diplomate français a profité de l'occasion pour louer la déclaration d'Andry Rajoelina de se retirer de la course à la magistrature suprême, le 15 janvier. Il a qualifié sa décision de « courageuse » et souligné qu'elle permettra de clarifier la situation.

Avec une telle prise de position, la France annonce la couleur avant la réunion des partenaires techniques et financiers qui vont examiner le processus de sortie de crise.

Tour de consultations

L'Union africaine avait annoncé qu'elle « envisage la tenue, dans les meilleurs délais possibles, des réunions de son Conseil de paix et de sécurité (CPS) et du Groupe international de contact sur Madagascar (GIC-M) », dans son communiqué du 16 janvier. Ces rendez-vous devraient permettre de « réévaluer la situation à Madagascar sur la base des progrès accomplis dans la mise en oeuvre de la Feuille de route, et de prendre les décisions appropriées ».

Les propos de François Goldblatt constituent un soutien de poids à la position d'Andry Rajoelina. Ce dernier a insisté pour que le retour de son principal rival dans la crise politique se fasse après les consultations populaires. Une position réaffirmée dans sa « Déclaration à la Nation » alors que Marc Ravaloma­nana avait réitéré son souhait de rentrer au pays avant les scrutins quand il avait annoncé sa non-candidature le 10 décembre 2012.

La mouvance Ravaloma­nana s'est offusquée de l'annonce faite par François Goldblatt. « Je ne sais pas si c'est la position officielle de la France ou non. Mais si c'est le cas, cela ne va pas aider l'application de la Feuille de route », a rétorqué Me Hanitra Razafi­manantsoa, vice-présidente du Conseil supérieur de la transition. « Une telle position, si elle se concrétise, pourrait conduire la mouvance à boycotter les élections » a-t-elle menacé.

Sandile Schalk, chef du Bureau de liaison de la SADC et de l'Union africaine en partance, a préféré mettre l'accent sur la position de la communauté internationale sur la résolution de la crise. « La communauté internationale parle maintenant d'une seule et même voix », a-t-il soutenu. Le Sommet de la SADC à Dar-es-Salaam des 7 et 8 décembre 2012 avait « réitéré sa décision du retour sans condition de l"ancien président, M. Marc Ravalo­manana », sans en préciser toutefois le calendrier.

Des réunions décisives

Les partenaires techniques et financiers devront trancher sur le processus de sortie de crise. « Au plus tard cette semaine, au Sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba, il y aura des délibérations importantes et une avancée sur la mise en oeuvre de la Feuille de route », a confirmé Johannes Grobler, ambassadeur de l'Afrique du Sud, lors de la cérémonie d'adieu de Sandile Schalk, chef du Bureau de liaison de la SADC et de l'Union africaine, hier à Anosy.

Ce dernier a donné quelques éclaircissements sur la réunion qui devrait se tenir « à la fin de la semaine ». Il n'a pas écarté les discussions sur le retour de Marc Ravalomanana. « La décision de son retour au pays a été discutée et prise depuis un certain temps. Maintenant, il reste à définir les modalités pour l'appliquer », a-t-il expliqué.

Le rendez-vous devrait également mettre sur la table le processus électoral. « Il s'agit d'une discussion sur la façon d'appuyer l'organisation des élections pour qu'elles soient libres, crédibles, transparentes et acceptées par tous », a-t-il affirmé.

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