Fratmat.info (Abidjan)

Afrique: CAN 2013 - une grande compétition dans l'indifférence totale

Mardi dernier, la première journée du groupe D s'est disputée devant une affluence confidentielle. Un peu plus de 700 supporters ivoiriens, à peine 100 Togolais et quelques fanatiques. L'Afrique du Sud a perdu sa recette du Mondial 2010.

Rustenburg, citée sud-africaine créé en 1851par les «Boers» qui l'ont baptisé «ville du repos», en «afrikaans», semble bien porter son nom, surtout en début de Can.

En effet, la cité abrite les trois matches de la Côte d'Ivoire qui loge dans un hôtel retiré de la ville (à une vingtaine de kilomètres) parait excessivement calme pour une ville qui accueille des matches de football d'envergure continentale.

Hormis quelques fanions de pays participant à la Can qui flottent aux abords des chaussées, rien n'indique véritablement qu'une joute africaine se déroule sur cette terre de repos. Plus que le manque d'enthousiasme et d'engagement, certains, parmi les habitants ont poussé l'indifférence jusqu'à ignorer que le groupe D composé de grosses écuries telles que celle des Eléphants de Côte d'Ivoire truffée de stars mondiales, de l'Algérie, de la Tunisie et du Togo évoluent dans leur mur.

Cette indifférence affichée ne concerne pas uniquement Rustenburg. Rien ou presqu'à l'aéroport de Johannesburg, dans les grandes surface à Estgate, Suntown et dans la ville ne laisse constater une compétition à l'exception de quelques enseignes et des pancartes publicitaires du partenaire de la Confédération africaine de football (Caf) pour la compétition, business oblige.

Pourtant, deux ans et demi après la première Coupe du monde en terre africaine abritée par l'Afrique du Sud en 2010, on pensait que le virus du football avait définitivement été «inoculé» aux bruyants et colorés supporters locaux. Que nenni !

Un peuple assoiffé de grands défis

Il est vrai que le Mondial, c'est une autre affaire avec des fans affluant de partout à travers la planète. Mais on ne pensait tout de même pas que les stades seraient aussi vides pour ce qui est censé être la «fête du football africain». «C'est un peu dommage. La Can est avant tout une fête. Enfin, il faut réjouir du fait que cela n'affecte pas le jeu de nos athlètes sur le terrain. En tout, à notre niveau en Côte d'Ivoire, nous avons vu beaucoup de supporters et ça suffit pour nous», constatait, Touré Mamadou, le conseiller spécial du Président de la République de Côte d'Ivoire chargé de la jeunesse après la victoire des Eléphants sur les Eperviers (2-1).

Pour le comité local d'organisation, à Rustenburg, la situation va s'améliorer au fil du temps. C'est à la veille du match Côte d'Ivoire-Togo qu'une tente a été dressée dans l'arrière-cour du stade pour servir de réfectoire aux officiels.

La désaffection pourrait s'expliquer par une démotivation des Sud africains, qui, après avoir gagné le pari de la Coupe du monde 2010, ne trouvent aucun challenge en cette Coupe d'Afrique des nations.

Le passage du planétaire au continental ou si vous voulez, du total au partiel serait de nature à démotiver les troupes ou à les inciter à faire preuve d'apathie. «Nous avons vu la Coupe du monde en 2010, nous avons démontré aux yeux de tous que l'Afrique du sud et les Africains étaient capables de réaliser et même de faire mieux que les autres. Notre objectif est de chercher à grandir, à aller de l'avant. Si cela avait été les Jeux Olymiques du Cio, vous vous auriez peut-être vu autre chose».

Cette apathie, naturellement, est constatée par certains participants qui ne cachent pas leur gêne devant l'attitude affichée par le pays organisateur. Du coup, l'on est tenté de se demander : que sont donc devenus les 52% de billets d'entrée aux stades déjà vendus dont se glorifiait la Caf, il y a quelques jours ?

Il faut revoir le critère d'attribution

Même s'il faut féliciter l'Afrique du Sud d'avoir accepté de suppléer la Libye qu'une instabilité politique avait mise dans l'incapacité d'accueillir cette Can 2013, il n'est pas superflu de se demander si les infrastructures, à elles seules suffisent pour se voir offrir l'opportunité d'abriter une telle compétition.

La question s'était déjà posée l'année dernière avec la Guinée équatoriale où bien des matches (dont un Côte d'Ivoire-Burkina-Faso à Malabo) s'étaient disputés dans un bois sacré. D'ailleurs, certains spécialistes pensent que si cette Can s'était jouée en Libye comme initialement prévu, le spectacle des sièges désespérément vides aurait été le même.

C'est donc dire que la capacité de mobilisation des supporters des pays candidats à l'organisation d'une compétition aussi prestigieuse devrait être incluse dans le cahier des charges.

Le Mali avait bien réussi son coup en 2002 avec son fameux «Djatiguiya», qui consistait à faire parrainer chaque équipe par un quartier. Et l'ambiance était au rendez-vous autant sur le terrain qu'en dehors.

Peut-être que dans deux ans au Maroc, la Can renouera avec cette ambiance festive aux stades et en ville, ce qui fait aussi le charme de la compétition. Cette fois, c'est encore raté. Comme déjà en 1996, ici même.

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