Le Potentiel (Kinshasa)

28 Janvier 2013

Afrique Centrale: Clôture de la 3ème session du FP-CIRGL - La déclaration de Kinshasa condamne le M23

La 3ème session ordinaire du Forum des Parlements des pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (FP-CIRGL), tenue du 23 au 25 janvier à Kinshasa, condamne le Mouvement rebelle du M23, auteur des violations graves des droits de l'Homme et des règles du Droit international humanitaire au Nord-Kivu. Cette déclaration ne cite nullement pas le Rwanda comme pays agresseur de la RDC.

La condamnation unanime du Mouvement du 23 mars (M23) par le FP-CIRGL a fait l'objet d'altercation au cours de l'assemblée plénière entre la délégation parlementaire de la République démocratique du Congo et celle du Rwanda. D'après certaines indiscrétions découlant du huis clos de la plénière, la délégation rwandaise, contre toute attente, s'est improvisée défenseur des rebelles du M23 en exigeant quelques biffages et ajouts dans le texte final de la résolution sur la situation sécuritaire dans l'Est de la RDC.

La délégation parlementaire du Rwanda qui a fini par apposer sa signature et visiblement sur fond de regret dans la déclaration de Kinshasa, a brandi comme arguments d'une part, les négociations de Kampala entre Kinshasa et les rebelles. Et d'autre part, la nécessité d'élargir la condamnation aux autres forces négatives oeuvrant dans cette partie du pays, notamment les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

Pour les délégués de la RDC, du fait que le Rwanda est cité comme l'un des principaux parrains du M23, la délégation rwandaise a sans doute été mal placée pour prendre parti pour ce groupe rebelle, même si du point de vue fond, la nécessité d'élargir la condamnation aux autres forces négatives est justifiée.

Néanmoins, l'exigence rwandaise a été prise en compte dans la mesure où le texte final de la déclaration a élargi la condamnation aux autres forces négatives.

L'AGRESSION A L'OUBLI

Du côté de la partie congolaise, c'est une énième occasion loupée de convaincre leurs pairs de la région de l'agression dont le pays est victime, et pour laquelle le M23 n'est qu'une extension dans la complicité interne. Pourtant, le président élu du Forum, président de l'Assemblée nationale de la RDC, Aubin Minaku, ne s'était caché lors de son discours d'ouverture des assises le 23 janvier, d'évoquer ce qu'il avait qualifié de la nouvelle agression.

« Tout a été presque dit sur cette nouvelle agression : l'identification des agresseurs, les causes profondes de l'agression, les enjeux en présence, les violations des droits de l'Homme et des règles de base du Droit international humanitaire, les ramifications extérieures, les complicités internes etc. », avait-il soulevé.

A ce sujet, répondant à une question du journal Le Potentiel, au cours de la conférence de presse qui a clôturé les assises de Kinshasa, Aubin Minaku a simplement évoqué l'approche pragmatique pour la paix et la préservation de l'intégrité territoriale de la RDC. Comme pour dire c'est cette approche qui ne nécessitait pas la reprise du terme « agression » dans la déclaration de Kinshasa.

Par ailleurs, la résolution sur la situation sécuritaire en RDC recommande aux parlements et aux gouvernements des pays membres de la CIRGL de prendre des mesures nécessaires et efficaces pour concrétiser, dans les plus brefs délais, le déploiement sur le terrain de la Force neutre internationale dans la partie orientale de la RDC, conformément aux décisions de l'Union Africaine et de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de la CIRGL.

Aussi, elle encourage le gouvernement congolais et la médiation ougandaise à finaliser le processus d'évaluation de l'Accord de paix du 23 mars 2009 pour mettre fin de façon définitive au conflit armé. Cette résolution encourage également le Conseil de sécurité des Nations unies à procéder dans le meilleur délai, en collaboration avec les organisations africaines, à la requalification du mandat de la mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) afin de lui permettre d'imposer la paix en cas de nécessité.

L'Assemblée plénière de la CIRGL a aussi examiné et adopté quatre autres résolutions. Il s'agit de la résolution sur la situation sécuritaire en République Centrafricaine où un appel a été lancé à toutes les parties pour le respect des dispositions de l'accord de sortie de crise conclu à Libreville le 11 janvier sous les auspices de la CEEAC et la médiation du président Denis Sassou Nguesso.

La résolution sur la situation sécuritaire entre le Soudan et le Soudan du Sud et dans les deux pays, la résolution sur les violences sexuelles et basées sur le Genre dans la région des Grands Lacs, et la résolution sur les mesures parlementaires d'accompagnements des décisions des sommets des chefs d'Etat et de gouvernement de la CIRGL.

S'agissant de l'exploitation illégale des ressources naturelles dans la région des Grands Lacs, spécialement en RDC et les causes profondes du recours à la force par des groupes politico-militaires dans les Etats membres, l'Assemblée plénière a décidé d'organiser une session du Forum en novembre prochain à Bujumbura (Burundi).

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