L'armée égyptienne fait son retour dans les affaires de l'Etat. Face aux contestations qui durent depuis plusieurs jours et qui ont déjà fait plus de cinquante morts, le régime a fait appel aux militaires pour rétablir l'ordre. Les militaires disposent désormais de pouvoirs élargis qui rappellent ceux dont ils disposaient sous l'ancien régime.
Alors que les manifestations de l'opposition se poursuivent un peu partout en Egypte contre le président Morsi et les Frères musulmans, l'armée est sortie de son silence pour lancer une mise en garde à peine voilée.
« L'Etat pourrait s'effondrer si la confrontation entre les forces politiques sur la gestion du pays se poursuit », a déclaré le ministre de la Défense, le général Abdel Fattah el-Sissi. Une mise en garde sur un éventuel retour de l'armée à la direction des affaires en cas « d'échec des forces politiques à trouver une solution à la crise ».
Cet avertissement arrive alors que toute tentative de dialogue entre le président islamiste et l'opposition laïque a échoué. La proposition de l'opposition de former un gouvernement d'union nationale a été officiellement rejetée par la présidence, laquelle semble nager dans la confusion.
Visite européenne écourtée
Deux jours après avoir décrété l'Etat d'urgence et le couvre-feu dans les provinces de Port-Saïd, Suez et Ismaïlia, le président Morsi a fait marche arrière. Son adjoint a indiqué que le président avait demandé aux gouverneurs des provinces d'étudier la possibilité d'alléger ou de lever le couvre-feu -qui n'a jamais été respecté- en fonction de la situation.
Sur le plan diplomatique, face à ces événements, le président Mohamed Morsi a décidé d'écourter sa tournée européenne. Il a annulé sa visite en France le vendredi 1er février mais il devrait néanmoins se rendre pour une courte visite en Allemagne ce 30 janvier.

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