Magharebia (Washington DC)

Algérie: Le pays face aux défis sécuritaires

La Tunisie pourrait devenir une plateforme de lancement pour les djihadistes internationaux, mettent en garde les spécialistes de la région. La Tunisie risque de devenir un terreau du terrorisme, a conclu une conférence sur la sécurité organisée à Tunis.

Les crises régionales et la montée de l'extrémisme menacent la sécurité nationale de la Tunisie, ont reconnu les experts réunis le samedi 26 janvier dans la capitale.

Le récent démantèlement d'une cellule d'al-Qaida en Tunisie, qui recrutait des combattants pour le Mali, montre la position géostratégique très sensible du pays, a expliqué Azhar Bali, une personnalité politique.

La Tunisie est devenue un couloir vital pour les groupes terroristes, a-t-il ajouté, soulignant la nécessité de développer une approche sécuritaire solide qui vienne couper court aux ambitions des groupes terroristes dans le Maghreb et au Mali.

Les derniers chiffres montrent que la Tunisie compte parmi les pays les plus vulnérables à la propagation des groupes terroristes et des trafiquants d'armes et de drogue, a-t-il expliqué.

"Je ne sais pas pourquoi certains jeunes rejoignent les groupes terroristes ; ils tuent et se font tuer, devenant ainsi les premières victimes du terrorisme", a-t-il déclaré à Magharebia.

Un sentiment partagé par Mohamed Naamoune, leader du parti Al-Amen : "Le climat politique et sécuritaire précaire et la détérioration de la situation économique et sociale en Tunisie après la révolution ont fait plus que jamais de ce pays un terreau fertile pour les idéologies extrémistes qui alimentent le terrorisme."

"Les changements qui sont survenus en Libye et la prolifération des armes qui en a résulté, ainsi que les activités des groupes extrémistes en Algérie et au Mali, doivent être pris en compte lors de l'élaboration d'études stratégiques et de la mise en place d'une coordination sécuritaire conjointe avec les pays voisins", a-t-il ajouté.

Il a souligné la nécessité de résoudre les problèmes sociaux et économiques des jeunes marginalisés, dans le but de les empêcher de devenir la proie du terrorisme.

Des Tunisiens appartiennent à certains groupes islamiques armés. Près de onze Tunisiens sur trente-deux militants ont ainsi participé aux évènements d'In Amenas en Algérie.

"Il y a près de cinq cents djihadistes tunisiens, pour la plupart affiliés à al-Qaida, dans plusieurs régions du monde", a expliqué Alaya Allani, spécialiste des groupes islamistes. "Des combattants tunisiens sont affiliés à al-Qaida dans le nord du Mali."

Moncef Kartass, spécialiste de la sécurité, a ajouté que les conditions économiques et sociales précaires que connaissent de nombreux Tunisiens incitent certains à s'adonner au trafic des armes, de drogue et à la prise d'otages.

"Les récents développements en Afrique du Nord font de cette région un terrain propice aux trafics et à tous types d'activités criminelles organisées commises par les groupes terroristes", a-t-il souligné. "Le désert tunisien est devenu pour eux l'un des principaux couloirs vitaux et un centre important de leurs activités, que ce soit en matière de trafics ou de collecte d'armes."

Le politologue Salaheddine Jourchi a pour sa part ajouté : "Après la révolution, la Tunisie est devenue... un pays affichant une sécurité précaire, qui facilite la tâche des gangs armés et des bandes du crime organisé".

Les participants à ce forum ont souligné le besoin de réforme de l'appareil sécuritaire. Ils ont ajouté que toutes les forces politiques devaient unir leurs efforts pour renforcer la paix.

La Tunisie doit travailler avec les pays voisins pour contenir la vague terroriste et consolider la stabilité de l'Etat, ont ajouté ces spécialistes de la sécurité.

Ads by Google

Copyright © 2013 Magharebia. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.