L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Rajoelina/Beriziky - La guerre des chefs

Le président de la Transition et ses alliés tentent d'acculer le Premier ministre Omer Beriziky dans l'adoption des textes électoraux. Il est même question de «?démission volontaire?».

La Transition s'apprête à entrer dans une zone de turbulences. Le camp d'Andry Rajoelina, président de la Transition, mettent la pression sur le Premier ministre Omer Beriziky.

« Si certains responsables ne se sentent pas capables d'accomplir leur mission, qu'ils démissionnent », a tonné Andry Rajoelina dans son allocution, hier à Iavoloha, à l'occasion de la cérémonie de remise de drapeaux aux généraux promus en 2012.

Il a essayé de mettre au pied du mur Omer Beriziky pour accélérer l'adoption des textes électoraux avant la convocation des électeurs du 8 février, quitte à brandir la menace du limogeage.

L'homme fort de la Transition s'est gardé de nommer la ou les personnalité(s) visée(s) par sa déclaration. Mais le contexte de la tension pendant l'examen du projet de décret relatif au découpage des circonscriptions électorales en conseil des ministres mercredi, ne laisse pas de doute sur la cible de la déclaration.

La manoeuvre orchestrée par les alliés d'Andry Rajoelina réclamant la tête du chef du gouvernement qui s'en est suivi, a confirmé l'attaque menée contre le Premier ministre.

VyVato Rakotovao, membre du Conseil supérieur de la transition, a été le premier à monter au créneau. « Nous réclamons le limogeage du chef du gouvernement en cas de report des élections. Il a dit que son patron est la Feuille de route.

Il a pour mission d'assurer les affaires courantes et l'organisation des élections. Soit il assume sa fonction de Premier ministre, soit il ne l'assume pas.

Il ne doit pas se réfugier derrière la communauté internationale et le diktat des bailleurs de fonds », a soutenu le parlementaire proche d'Ambohitsorohitra.

Double objectif

Thierry Rabary, membre du Congrès et du Tanora malaGasy Vonona fondé par Andry Rajoelina, a enfoncé le clou. « Depuis six mois, ce gouvernement, dirigé par le Premier ministre Omer Beriziky également chef de l'administration, connaît le calendrier électoral.

Il n'est pas tolérable qu'il y ait des retards dans l'adoption des textes relatifs aux consultations populaires qui pourraient avoir des impacts sur le calendrier des scrutins », a-t-il soulevé.

L'offensive des alliés d'Andry Rajoelina semble répondre à deux objectifs. Le premier vise à accélérer la cadence pour l'adoption de tous les textes, dont le découpage des circonscriptions électorales avant le 8 février au cas où ils arriveraient à obtenir la tenue des législatives avant laprésidentielle.

Mais la velléité d'écarter Omer Beriziky n'est pas non plus exclue compte tenu des relations ambiguë à la tête de l'Exécutif.

Andry Rajoelina avait réclamé l'examen sur place du projet de décret portant découpage des circonscriptions électorales lors du conseil des ministres de mercredi.

Mais le Premier ministre avait réclamé du temps pour la lecture de texte, pendant le prochain conseil du gouvernement, probablement lundi.

La tournure des événements présente le risque de mettre à mal le souhait présidentiel de tenir la députation avant la présidentielle, contrairement au calendrier officiel actuel.

Le chef du gouvernement se trouve en mission dans le Nord de l'île, provoquant l'ire des pro-Rajoelina. Une source qui lui est proche a pourtant tenu à remettre les pendules à l'heure. « Le Premier ministre a toujours montré sa volonté de sortir le pays de la crise.

On se demande qui ne respecte pas sa parole depuis le Sommet de Maputo », a-t-elle riposté. « Le calendrier électoral avait été discuté, adopté et accepté par tous depuis plusieurs mois.

Mais à cause de la décision prise par certain [celle d'Andry Rajoelina de ne pas se présenter à la présidentielle], on tente de changer la donne. On se demande qui n'assume pas ses responsabilités et qui devrait démissionner », a-t-elle poursuivi.

La source autorisée de Mahazoarivo a affirmé que le délai demandé pour l'examen du projet de décret concernant le découpage des circonscriptions électorales en vue des législatives ne remet pas en cause la convocation des électeurs pour la présidentielle. « À moins que certains veulent tout bouleverser pour une raison ou une autre », a-t-elle ironisé.

Harry Laurent Rahajason enfonce le clou

Harry Laurent Rahajason, ministre de la Communication et chargé de communication à la présidence de la Transition est tombé à bras raccourcis sur le Premier ministre Omer Beriziky.

« Il est le chef de l'administration. Il est le premier responsable s'il y a une faille dans l'adoption des textes électoraux », a-t-il fustigé dans une intervention à la télévision nationale TVM hier soir.

Le ministre de la Communication a saisi l'occasion pour épingler son patron au gouvernement. « Il [Omer Beriziky] affirme que la Feuille de route est son patron.

Partout dans le monde, c'est le Président qui est et reste le chef du Premier ministre », a-t-il indiqué, laissant entendre une volonté d'insubordination du chef du gouvernement.

Le ministre Harry Laurent Rahajason a reproché à Omer Beriziky ses initiatives « qui font obstruction à la sortie de crise et qui ne montre pas un esprit d'apaisement ».

« Il montre son respect de la hiérarchie au cours des réunions comme les conseils des ministres, mais s'efforce de contredire publiquement et d'une manière systématique le président de la Transition », a-t-il lâché. « Dans ce cas, où en est-on de la solidarité gouvernementale, en poussant l'opinion à la division », s'est-il demandé.

Une source proche du Premier ministre a rappelé que « Harry Laurent Rahajason participe rarement aux conseils du gouvernement et n'est pas très au courant des événements .

En utilisant les médias publics pour donner sa version de ce qui s'est passé au conseil des ministres de mercredi, c'est lui qui lave en public le linge sale du gouvernement », a-t-elle répliqué.

Ads by Google

Copyright © 2013 L'Express de Madagascar. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.