Alors que les discussions butent sur de nombreuses difficultés à Kampala
La situation dans le Nord-Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), ne semble pas aller dans le sens de l'apaisement, selon le Comité international de la Croix-Rouge (Cicr). Et pour cause, des dizaines de milliers de Congolais continuent à fuir leurs villages pour échapper aux violences, qui se poursuivent dans certaines régions de la province malgré l'ouverture des négociations de paix à Kampala, en Ouganda, entre le gouvernement de Kinshasa et les représentants des rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23), qui a enclenché une rébellion armée à la mi-avril dernier avant d'annoncer une trêve fin novembre. Le Cicr parle en fait de la propagation des violences à d'autres régions du Nord-Kivu, ce qui risque de faire échouer les pourparlers de paix, déjà en bute à de nombreuses difficultés qui empêchent les deux parties de s'entendre sur le minimum. «Plusieurs dizaines de milliers de familles déplacées continuent de souffrir» et «la violence s'est propagée» pour gagner Bukavu et le Katanga, dans le Sud-Kivu, épargné jusque-là par les rebelles, a indiqué Franz
Rauchenstein, le chef de la délégation du Cicr en RDC, lors d'un point de presse, à rapporté l'AFP. «Que ce soit dans la région du Masisi au Nord-Kivu, où les affrontements entre militaires et groupes armés ont continué, ou dans le Katanga, où la violence est toujours présente, de nombreuses personnes, craignant pour leur sécurité, ont été forcées de se déplacer. Des actes de violence à l'égard de la population, pillages, rackets, etc., ont également été commis», a alerté M. Rauchenstein. «On observe aujourd'hui un regain d'hostilités entre groupes armés. Les combats se rapprochent de plus en plus de la ville de Bukavu, et des zones très reculées, comme les territoires de Kalehe, au nord de Bukavu, et de Walungu / Shabunda, au sud-ouest, sont également touchées par les affrontements», a affirmé, pour sa part, Laetitia Courtois, chef de la sous-délégation du Cicr de la province du Sud-Kivu.
Dans la localité de Bunkeya, au nord de Likasi, la Croix-Rouge de la RDC «a distribué des articles de première nécessité (casseroles, houes, bâches, habits) à plus de 850 personnes déplacées par les violences plus au nord, dans le territoire de Mitwaba. Mais ces familles ont dû fuir à nouveau en raison d'affrontements à Bunkeya», a rapporté Reuters. Par ailleurs, malgré le difficile dialogue à Kampala, le M23 se montre optimiste et affirme aboutir à un accord d'ici la fin du mois de février. «Il reste de nombreux sujets à évoquer, mais si nous gardons ce rythme, je pense qu'il est possible d'achever les discussions et de signer un accord d'ici la fin février», a déclaré Bertrand Bisimwa, porte-parole du M23, a précisé Reuters. Cet enthousiasme n'est cependant pas partagé par le gouvernement de Kinshasa qui qualifie les exigences du M23 de «demandes capricieuses». A noter que depuis le début du conflit armé dans le Nord-Kivu, plus d'un demi-million de personnes a été déplacé alors que les capacités d'accueil et de prise en charge des ONG onusiennes demeurent insuffisantes.

Comments Post a comment