Le Pays (Ouagadougou)

3 Février 2013

Nigeria: Appel au dialogue avec Boko Haram - Cette fois sera-t-elle la bonne ?

Photo: Aminu Abubakar/IRIN
Dégâts causés par la milice Boko Haram au quartier général de la police de Kano (photo d’archives)

Le vice-président du Nigeria, Namadi Sambo, a lancé, le 2 février dernier, un appel au dialogue avec Boko Haram.

Cet appel fait suite à plusieurs autres que le pouvoir fédéral d'Abuja a lancés à l'endroit de la secte islamiste qui, rappelons-le, sévit rigoureusement dans le pays , en témoignent les attaques terroristes perpétrées çà et là. Pas plus tard que la semaine dernière, alors que l'armée nigériane s'affairait pour le déploiement d'un contingent au Nord-Mali, elle était tombée dans une embuscade qui avait laissé deux morts sur le carreau. Il y a donc lieu de négocier avec ces islamistes qui disposent d'une capacité de nuisance énorme et qui peuvent frapper n'importe où et à n'importe quel moment.

Seulement, on se demande si cet énième appel lancé par le pouvoir du président Goodluck Jonathan sera entendu, étant donné que Boko Haram demeure jusque-là une véritable nébuleuse. Comment négocier avec un mouvement qui, non seulement n'a pas de visage mais qui, selon toute vraisemblance, a infiltré l'appareil d'Etat ? C'est bien là tout le défi que devront travailler à relever les autorités nigérianes qui, on s'en souvient, ont souvent fait montre d'une extrême fermeté vis-à-vis des islamistes. Et, en appelant la secte islamiste au dialogue dans un contexte marqué par la guerre contre le terrorisme au Nord-Mali, les dirigeants nigérians savent qu'ils sont plus que jamais en position de force.

Cela d'autant que la connexion entre Boko Haram et les djihadistes du Nord-Mali était quasi-certaine. Peut-être le Nigeria veut-il profiter de l'armement lourd déployé dans le septentrion du Mali pour contraindre les islamistes à reconsidérer leur position et à rentrer dans la république pendant qu'il est encore temps. En tout cas, plus tôt ils le feront, mieux cela vaudra, d'autant qu'on ne sait pas jusqu'où ira la guerre au Mali. Les dirigeants ouest-africains, sur demande du Nigeria, pourront, à l'issue de la guerre au Mali, décider de s'intéresser au cas spécifique de Boko Haram qui, en réalité, constitue une grave menace pour toute la sous-région. On n'en est pas encore là. Et on espère qu'après l'échec des premières tentatives de négociations, cette fois-ci sera la bonne et que les islamistes de Boko Haram entendront raison.

C'est dans l'intérêt de tous les Nigérians. En tout cas, pour l'heure, on attend de voir comment réagira Boko Haram qui, on l'espère, ne surprendra pas désagréablement en perpétrant une nouvelle attaque terroriste, comme elle est coutumière du fait. Gageons que le Nigeria arrivera un jour à contenir ses remous sociaux qui, à vrai dire, ont fini par faire de lui, une chaudière à tout point de vue.

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