5 Février 2013

Afrique: Mutilations génitales féminines - Quelles conséquences sur la fécondité, la santé procréative et le développement ?

communiqué de presse

La journée mondiale de tolérance zéro contre les Mutilations Génitales Féminines (MGF) sera célébrée le 06 février 2013. Des manifestions sont prévues à Guédiawaye où aura lieu la mobilisation sociale et un panel sur le thème « Fécondité, santé procréative et développement ». Des spécialistes vont débattre de l’impact de la pratique de l’excision sur la fécondité, la santé procréative et les problèmes de développement.

Environ 3 millions de femmes et de filles dans le monde entier subissent chaque année la pratique des mutilations génitales féminines. Quelques 100 à 140 millions de femmes ont déjà été affectées par cette pratique qui viole les droits de l’enfant et les droits de la femme, entre autres. Les MGF compromettent la santé, la dignité, la sécurité et l’autonomie des victimes. Les femmes affectées par les MGF sont nettement plus susceptibles d’avoir une césarienne et/ou de développer des complications pendant et après l’accouchement avec un risque d’apparition des fistules obstétricales entre autres.

Au Sénégal, selon les résultats de la dernière enquête EDS/MICS, 26% des femmes seraient victimes de la pratique de l’excision en 2010 contre 28% en 2005, soit une diminution de 2% avec un taux de prévalence variant entre les régions et les ethnies. Ce taux est de 82% de prévalences chez les mandingues, 65% chez les soninkes et 55% chez les poulars. La région de Kédougou enregistre un taux de prévalence de 92%, contre 87% à Matam et 85% à Kolda.

« La prévalence en milieu urbain au Sénégal a légèrement augmenté dans la même période, passant de 22% à 23%, tandis que pour la région de Dakar la proportion a augmenté de 17% à 20%. L’excision est pratiquée à des âges très jeunes (…) 51% des femmes ont déclaré être excisées dans la petite enfance. Globalement 71% des femmes ont été excisées avant l’âge de 5 ans (…) Globalement, 17% des femmes pensent que l’excision est une pratique exigée par la religion » fait encore observer l’enquête.

L’UNICEF et UNFPA travaillent sur un programme conjoint dans le cadre du Plan d’Action National pour l’Accélération de l’Abandon de l’Excision qui vise l’élimination de la pratique d’ici à 2015.

Grâce au soutien de ce programme, le processus d'accélération de l'abandon des MGF engagé par les communautés a suscité des déclarations publiques d’abandon de l’excision dans près de 5484 communautés. Ces résultats montrent qu’avec la volonté politique des autorités nationales, l’implication des communautés, la mobilisation de la société civile, des leaders religieux, des partenaires au développement, conjuguées à une approche participative basée sur la promotion des droits humains, il est possible d’abandonner la pratique de l’excision.

Les Nations Unies ont réaffirmé leur engagement par une résolution approuvée par l’Assemblée Générale le 16 novembre 2012 visant à éliminer les MGF. Cette résolution adoptée à l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations Unies appelle chaque pays à intensifier les efforts pour abandonner la pratique et aider les filles à avoir une vie meilleure.

Au Sénégal une loi interdisant la pratique de l’excision existe depuis janvier 1999 mais son application pose de nombreux problèmes. Récemment la Direction des Affaires Criminelles et des Graces (DACG) a organisé une série d’ateliers régionaux pour identifier les obstacles et proposer les réformes juridiques adéquates pour sa mise œuvre.

En 2010, une fatwa régionale qui explique que le coran n’appuie pas l’excision a été élaborée pendant un Colloque qui a regroupé à Nouakchott des ulémas du Burkina Faso, d’Égypte, de Gambie, de Guinée Bissau, de Guinée Conakry, du Sénégal, du Soudan, du Mali, de la Mauritanie du Niger.

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