6 Février 2013

Mali: 1 800 soldats tchadiens à Kidal, comme un avant-goût de la MISMA

Mille huit cents soldats de l'armée tchadienne sont d'ores et déjà à Kidal, en renfort des militaires français dans cette ville de l'extrême nord-est du Mali.

Les militaires tchadiens, des hommes expérimentés, ont pour mission de « sécuriser » la ville, ancien fief des groupes islamistes armés. En parallèle, le Groupe de soutien au Mali s'est réuni ce mardi 5 février à Bruxelles. Les discussions ont porté sur les opérations militaires à venir et la stabilisation à long terme du pays.

Des troupes tchadiennes font depuis plusieurs jours une entrée remarquée dans la ville de Kidal. Selon des témoins, il y a eu du matériel militaire débarqué du ventre des avions, et déjà 1 500 militaires sont sortis.

Le désert, ils connaissent, ils ont l'expérience. A Kidal, les militaires tchadiens occupent une partie du camp 2 de la ville. Il est situé au sud-est de Kidal, vers la direction de la localité stratégique de Ménaka.

Traquer les jihadistes

A part une ou deux patrouilles, les soldats n'ont pas, à proprement parler, commencé les opérations militaires contre les jihadistes. Il faut dire qu'actuellement, les frappes de l'aviation française se poursuivent. D'après nos informations, il y en a encore eu dans la nuit de lundi à mardi, dans deux localités : Aguelhok, située à 150 km au nord de Kidal, et Tessalit.

Il faut s'attendre à voir, après ces frappes et d'autres, les troupes tchadiennes (et pourquoi pas françaises) investir cette partie de la région de Kidal pour traquer les jihadistes qui, comme on le sait, ont trouvé refuge dans la zone.

Prendre le relais de l'opération Serval

L'arrivée des Tchadiens survient alors qu'une réunion du Groupe de soutien au Mali s'est tenue ce mardi à Bruxelles, en présence notamment du ministre malien des Affaires étrangères Tieman Coulibaly.

Ce groupe, qui rassemble les grandes organisations internationales (ONU, Union africaine, Banque mondiale, entre autres), a discuté du mode de fonctionnement et de financement de la force ouest-africaine, la Misma. Et pour tous les participants, cette force doit achever rapidement son déploiement, afin de prendre le relais de l'opération française Serval.

La plupart des contingents ouest-africains de la Misma sont soit en train d'arriver, soit déjà sur place, à l'instar des Tchadiens à Kidal (à noter que le Tchad n'est pas membre de la Cédéao).

Reprise des aides financières

Pour assurer le bon fonctionnement et l'efficacité de la Misma, tous les protagonistes soulignent le besoin d'une aide internationale pour l'équipement et le financement. Dans ce contexte, les débats de ce mardi ont en partie porté sur la proposition de transformer à terme la Misma en force de maintien de la paix sous mandat de l'ONU.

Il s'agirait d'un moyen efficace pour assurer le financement en particulier. Certains imaginent même une transition avec l'intervention française, en intégrant, pourquoi pas, des troupes françaises dans les futurs casques bleus.

L'important est de déterminer un mandat onusien clair et crédible. Les discussions ont d'ailleurs aussi porté sur la feuille de route et l'idée d'élections rapides. De la même façon a été évoquée la reprise des aides publiques internationales suspendues il y a onze mois après le coup d'Etat.

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