L'Express de Madagascar (Antananarivo)

6 Février 2013

Madagascar: La présidentielle reportée au 24 juillet

Photo: L'Express Madagascar
De g. à dr., Béatrice Atallah présidente de la Cenit, Fatma Samoura et Jean-Claude de l’Estrac sortant de la réunion ONU-Cenit sur le calendrier électoral

La CENIT et les Nations unies évoquent un «?retard?» dans le processus électoral. Le camp d'Andry Rajoelina, président de la Transition, exprime son irritation.

Ce qui devait arriver arriva. La Commission électorale nationale indépendante pour la transition (CENIT), en concertation avec les partenaires techniques et financiers, a officialisé le réaménagement du calendrier électoral sans toucher à l'ordre des consultations populaires.

« Je déclare que le calendrier électoral est repoussé au 24 juillet pour le premier tour de l'élection présidentielle, le 25 septembre pour le deuxième tour de l'élection présidentielle, couplé aux législatives et le 23 octobre pour les communales », a indiqué Béatrice Atallah, présidente de l'organe chargé de préparer et d'organiser les scrutins, hier à Ivato, à l'issue de la réunion de deux jours pour évaluer le processus électoral.

L' « actualisation » des dates des élections fait reculer de deux mois le premier tour de la course à la magistrature suprême, initialement prévu le 8 mai. La CENIT et les Nations unies décalent de deux mois et demi la députation, mais maintiennent les municipales et les communales.

La présidente de la CENIT évoque des raisons techniques autour de l' « actualisation » du calendrier électoral. Le communiqué final fait, entre autres, part du retard du déblocage de fonds, couplé à une série de contretemps, pour expliquer la décision.

« L'amnistie devrait être bouclée avant l'arrêtage de la liste électorale. Il faudra accélérer le traitement de ce dossier. Cela dépend d'une décision politique », soutient Béatrice Atallah.

« Il ne devrait plus y avoir de report si tout le monde regarde dans la même direction », conclut-elle en assurant « l'aval du secrétaire général des Nations unies ».

Jean-Claude de l'Estrac, secrétaire général de la Commission de l'océan Indien (COI) dédouane la CENIT dans le contretemps.

« Nous avons mesuré la complexité des opérations. Nous avons constaté un certain nombre de retard qui n'est pas du fait de la CENIT », souligne-t-il, rappelant, entre autres, le retard dans le déblocage des fonds.

Balises nécessaires

L'« actualisation » du calendrier électoral est attendue après une série de préparations de l'opinion de la part de la CENIT. Fatma Samoura, représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et coordinatrice des systèmes des Nations unies, avait déjà évoqué le « souhait d'un calendrier réaliste » au début du conclave.

La décision rejette de facto la suggestion d'Andry Rajoelina, président de la Transition, d'inverser l'ordre de la présidentielle et de la députation.

Dolin Rasolosoa, président du Conseil supérieur de la transition (CST) s'est exprimé pour le report, quelques heures avant l'officialisation de la décision.

« C'est vrai qu'il est nécessaire de respecter le calendrier mais il est plus important de bien organiser les scrutins et de mettre en place toutes les balises [pour obtenir des résultats crédibles] », anticipe-t-il en marge de l'audience qu'il a accordée à une mission exploratoire de l'Union européenne en matière électorale.

Mais des partisans d'Andry Rajoelina, président de la Transition, ne sont pas contents de l'annonce et reviennent à la charge contre le Premier ministre Omer Beriziky.

« Que va-t-on faire de la demande du président et de la SADC de maintenir le calendrier actuel », se demande un collaborateur de l'homme fort de la Transition.

Celui-ci « constate une défaillance flagrante de la part du gouvernement, avec à sa tête le chef du gouvernement, et de la CENIT », avant de réclamer la tête du Premier ministre et de la présidente de la CENIT.

« Le gouvernement devait prêter main forte à l'organe chargé de préparer et d'organiser les scrutins. Mais voilà le résultat.

C'est scandaleux », s'emporte-t-il avant de faire part de ses appréhensions de « suspicion, de doute et d'ambiance malsaine » après ce report.

Un membre de la mouvance Ravalomanana et d'une institution transitoire n'est pas contre le report. « Nous aurons le temps d'organiser le retour du président [Ravalomanana] qui aurait dû se faire depuis un certain temps », se réjouit-il avant d'épingler des pro-Rajoelina.

« Maintenant, nous avons le temps de boucler convenablement la liste électorale. Je ne vois pas pourquoi ils s'emportent ainsi, à moins qu'ils n'aient pas réussi leur mission d'inverser l'ordre des scrutins », taquine-t-il.

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