Détendus et déterminés. Ce sont les mots qui collent comme un gants aux Etalons du Burkina Faso, à la veille de leur finale historique contre les Super Eagles du Nigéria. Au Garden Court de Sandton où ils sont logés, les poulains de Paul Pût sont prêts à livrer l'ultime match de cette 29è Coupe d'Afrique des nations, mais sans pression.
Ce samedi 9 février 2013, bien qu'ils soient à quelques heures de la gloire, c'est dans un esprit de famille harmonieuse que Jonathan Pitroipa, Moumouni Dagano, Bakary Koné, Abdoulaye Soulama, Daouda Diakité, Mohamed Koffi, Paul Koulibaly, Seydou Panendétigri, et tous les autres, ont pris le déjeuner avec à leurs côtés, Yacouba Ouédraogo, le ministre burkinabè en charge des sports et Sita Sangaré, le président de la FBF. À l'occasion, Alain Sibiri Traoré, blessé, mais revenu de la France auprès des siens pour les soutenir, était l'objet de toutes les attentions.
Et le Lorientais n'a pas non plus manquer de féliciter ses camarades pour leur brillante prestation en demi finale contre le Ghana. Toujours aussi réservé, Jonathan Pitroipa dont le nom est subitement aussi connu que ceux des héros de la lutte contre l'apartheid, n'a tout de même pas pu se soustraire aux sollicitations de tous ses fans, décidés à avoir une photo avec lui. «Votre numéro 11 va-t'il jouer?» La question, à laquelle on peut désormais répondre par l'affirmative, nous a été posée de l'aéroport au Maslow Hôtel, où nous logeons. Au Garden Court qui jouxte le Nelson Mandela Square, sans forcément provoquer une émeute, Pit, comme on l'appelle familièrement est un objet de convoitise que tout le monde veut approcher.
Au Radisson où il a déposé ses valises, ne voulant pour rien au monde rester en marge de cette chevauchée fantastique des Etalons sur lesquels ils jurent de toute son énergie, Me Mamadou Traoré, le Bâtonnier de l'Ordre des avocats n'a pas de cesse de plaider pour l'arbitre tunisien Slim Jedidi qui a failli sevrer Pitroipa de cette finale, en lui distribuant un deuxième carton jaune assassin, synonyme de rouge. «Au Burkina, nous avons ressenti cela comme une injustice, mais nous avons passé l'éponge car nous sommes un peuple tolérant».
Cette plaidoirie du patron des hommes en robe a été étayée par le ministre Yacouba Traoré qui a signifié qu'il ne faut pas jeter la pierre à tous les hommes en noir qui font un travail remarquable. Et comme pour dire à ses joueurs qu'ils doivent faire mieux et garder leur engagement patriotique intact, «Yac» leur a rappelé que les primes promises seront versées intégralement. Très disciplinés, les Etalons, après le repas et quelques séances photos, ont rejoint sagement leurs chambres. Objectif: la finale de demain dimanche 10 janvier 2013.

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