9 Février 2013

Afrique du Sud/Burkina Faso: Les burkinabè de Johannesburg veulent la coupe

En démographie comme en football, face au Nigeria, le Burkina fait office de nain. Mais qu'à cela ne tienne ! Dans l'attente de « sa » finale historique, le pays tout entier y croit mordicus. Illustration avec la communauté burkinabè de Johannesburg, où le fan club des Eperviers n'attend plus que l'ultime duel, dimanche 10 février. Reportage.

Sur De Villiers Street, dans le centre historique de Johannesburg, la vie bat son plein. Autour des petits commerces de ce quartier populaire, chaque jour, la diaspora africaine se retrouve pour faire son marché. On croise des Maliens, des Congolais, des Togolais, des Nigérians et des... Burkinabè. C'est l'endroit où le fan club des Etalons a pris ses quartiers sous la houlette d'Abdoulaye.

« J'espère qu'un pays francophone va gagner »

Alors que la rue grouille de monde sous une chaleur accablante, dans un petit coin à l'ombre, affairé à recoudre un jean, un couturier togolais nous interpelle. Derrière ses lunettes teintées, l'homme nous lance : « J'espère qu'un pays francophone va prendre la coupe. Là où j'habite, il ya a beaucoup de Burkinabè. Bien sûr, au début j'ai supporté le Togo, et maintenant c'est au tour du Burkina. Je serai devant ma télévision dimanche. »

A l'étage, juste au-dessus de sa petite échoppe, se trouve le New Burkina Café. Ici, plusieurs supporters nous avaient donné rendez-vous. Rassemblés autour d'Abdoulaye, les propos fusent ! Tout le monde veut s'exprimer, car le moment est historique.

« Dimanche, on va s'organiser pour que l'on puisse aller tous ensemble au stade. C'est trop tard pour que notre fédération organise le déplacement. On va se débrouiller entre nous », explique un fan. D'ailleurs, il nous indique qu'à chaque rencontre des Etalons, il a fait le voyage jusqu'à Nelspruit avec des camarades assis derrière un pick-up.

Dimanche, environ un millier d'entre eux devrait faire le déplacement pour espérer voir leurs poulains soulever la coupe. « J'espère que l'on va avoir des billets », s'impatiente un homme. Il ajoute un peu déçu : « Nos femmes et nos enfants aimeraient bien venir, mais il n'y en aura pas assez. Je souhaite que le président de la fédération obtienne pour nous au moins 1 000 tickets. »

« Il faudra un vrai arbitre ! »

Dans le brouhaha, un nom revient en boucle : Jonathan Pitroipa. « C'est un génie », s'exclame le tenancier du bar. « Quand il joue, on le croit fatigué, mais en fait c'est parce qu'il donne le meilleur de lui-même. C'est sûr, il va nous donner cette coupe. » Grâce à la ferveur de ses propos, tout le monde se met à danser et à chanter.

Mais un homme qui n'a pas pris part à l'excitation ambiante revient sur la demi-finale gagnée face au Ghana. « Je dis à Issa Hayatou (président de la CAF) que c'est une CAN et pas un tournoi de quartier. Il faudra un vrai arbitre ! Ils ont voulu nous éliminer de cette CAN mais les Burkinabè sont vraiment déterminés. Nous irons jusqu'au bout. J'ai mon billet chez moi et il est en lieu sûr. J'espère que toutes les nations vont nous supporter. Contrairement au Nigeria, nous sommes un petit pays de 18 millions d'habitants et on va enfin parler de nous. »

Il est temps d'animer encore un peu plus Villiers Street, qui n'en a pas vraiment besoin... Au bout d'un moment, tout le monde décide de retourner dans la rue, drapeau en main et maillot sur les épaules. La plupart des passants sont interloqués mais des Nigérians, qui veulent eux aussi faire entendre leur voix, interpellent le fan club. Un jeune homme appuyé sur une voiture, sourire aux lèvres, crie : « On va s'expliquer dimanche ! »

Insuffisant pour perturber le sage de la communauté burkinabè, que tout le monde salue avec respect. Impassible, il assure que dimanche, les Etalons auront leur coupe.

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