Tunisie: Ennahda divisé sur la formation d'un gouvernement apolitique

Après la grande manifestation de l'opposition vendredi à Tunis, en marge des obsèques de l'opposant Chokri Belaïd, un peu plus de 3000 partisans d'Ennahda ont défilé samedi pour soutenir le parti islamiste au pouvoir, mis en cause dans l'assassinat de Belaïd.

Mais c'est aussi la France qui était visée par les manifestants. Les déclarations du ministre de l'Intérieur Manuel Valls sur le «fascisme islamiste» ont été très mal reçues. Cette mobilisation intervient alors que le parti islamiste est divisé au sujet de la volonté du Premier ministre de former un gouvernement apolitique. La proposition doit à présent être tranchée par le conseil de la Choura, l'instance consultative du parti au pouvoir.

Hamadi Jebali, chef du gouvernement tunisien, membre du parti Ennahda

Je présenterai l'équipe au plus tard au milieu de la semaine prochaine. Si elle est acceptée je continuerai à assumer mes fonctions

Serjani Doghmane est l'un des membres du conseil de la Choura, l'instance consultative d'Ennahda. Il ne cache pas que l'idée du Premier ministre, de former un gouvernement de technocrates, fait débat au sein du parti islamiste. Un débat que le conseil aura à trancher dans les tous prochains jours.

« Pour le moment il n'y a pas de position officielle. Monsieur Atig, en tant que chef du groupe parlementaire, a dit que monsieur Jebali n'a pas le droit de composer un gouvernement de technocrates, mais c'était une position personnelle.

Donc nous, on essaiera de se voir, en tant que conseil de la Choura, pour pouvoir prendre la décision définitive. C'est la décision du parti qui sortira du conseil de la Choura, au plus tard dans les vingt-quatre heures qui viennent ».

Alors que les instances d'Ennahda s'apprêtent à examiner l'opportunité d'un gouvernement de technocrates, le Premier ministre Hamadi Jebali a une nouvelle fois réaffirmé son projet sur l'antenne arabophone de France 24. Un projet qu'il compte appliquer jusqu'aux ministères de souveraineté.

Interrogé pour savoir s'il envisageait de démissionner au cas où la formation d'un gouvernement de technocrates serait impossible, le Premier ministre a indiqué qu'il était, effectivement, prêt à quitter ses fonctions.

Ads by Google

Copyright © 2013 Radio France Internationale. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.