La Tribune (Algiers)

Algérie: ArcelorMittal - Syndicat et travailleurs pour la renationalisation d'El Hadjar

Photo: La Tribune
Entrée de l'usine sidérurgique d'Arcelormittal Annaba en Algérie

«Ce qui a été dit concernant la reprise par l'Etat par l'entremise du Groupe Sider du complexe sidérurgique est dénué de fondement.

Tout ce qu'il y a est qu'actuellement il y a des discussions et non des négociations pour élaborer un plan stratégique visant à augmenter les capacités de production d'acier en vue de satisfaire les besoins du marché intérieur et ainsi réduire la facture d'importation de ce produit.» C'est ce que nous a déclaré, hier, le chargé de communication du complexe sidérurgique ArcelorMittal Annaba.

Selon nos informations ArcelorMittal Annaba qui détient 70% des parts et le Groupe Sider qui en détient 30%, ont un délai de 3 semaines pour finaliser une stratégie commune avec une feuille de route claire dont l'objectif premier est l'augmentation des capacités de production qui n'ont été que de 680 000 tonnes en 2012, bien en deçà des prévisions.

Dans les milieux ouvriers, on a accueilli l'information avec beaucoup d'enthousiasme.

«C'est une bonne chose, si cela se concrétise, nous sortirons de cette situation de crise que traverse le complexe qui arrive difficilement à couvrir financièrement ses besoins, et je ne parle pas de cet hypothétique plan d'investissement qui n'a pas encore vu le jour.

Si l'Etat prend réellement 51% des actions, il investira sûrement pour le renouvellement des installations et peut-être qu'il optera pour de nouvelles technologies de production, ce qui mettra définitivement à l'abri l'usine et rassurera les travailleurs quant à la pérennité de leurs emplois.

Le marché national est en pleine croissance et il n'y a pas risque de mévente», nous confiera un technicien travaillant dans l'une des nombreuses unités du complexe.

Pour le syndicat d'entreprise dont les représentants rappellent qu'ils avaient appelé, il y a plus d'une année, à la renationalisation du complexe, c'est une très bonne nouvelle si cela s'avère vrai, parce que, là, les craintes d'une éventuelle cessation de paiement qui conduirait à la faillite seront écartées définitivement.

Prudent, un syndicaliste nous dira que l'information n'est pas encore confirmée et que le syndicat attend d'être informé sur cette question.

«Nous avions, lors la déclaration de cessation de paiement faite par le directeur général l'année passée, soutenu la décision du chef du gouvernement qui avait dit que l'usine ne fermera pas et nous avions alors répondu que le message avait été entendu 5/5 parce que nous avions crû que l'Etat allait renationaliser le complexe si ArcelorMittal maintenait la déclaration de cessation de paiement.

La situation a évolué depuis et des garanties avaient été apportées par le Groupe pour l'obtention d'une ligne de crédit, ce qui avait été concrétisé.

Aujourd'hui, avec cette nouvelle donne, nous avons grand espoir que l'Etat prenne vraiment le contrôle du complexe sidérurgique, et si c'est le cas, nous serons tous mobilisés pour redresser la situation et porter la production à des niveaux jamais égalés, pourvu que l'on nous donne les moyens de le faire», nous a-t-il déclaré.

Rappelons qu'une délégation de la LCE (Long carbon Europe) conduite par Arnaud Poupart-Lafarge, CEO-LCE, accompagné de Vincent Le Gouic, Jean Pierre Mullié, André Bock et Serge Dubois, a effectué une visite de travail à l'usine d'Annaba le 7 février dernier.

Les objectifs de cette visite étaient d'effectuer un audit sécurité au haut-fourneau n°2 et rencontrer l'ensemble du Comité de direction pour discuter des challenges et des objectifs 2013 pour chaque unité de production et des structures centrales.

Arnaud Poupart-Lafarge a insisté sur la nécessité absolue de fabriquer davantage de produits longs, tout en améliorant la qualité, notamment sur les produits plats afin de mieux servir les clients du complexe et répondre à la demande du marché national.

Arnaud Poupart-Lafarge a aussi confirmé l'engagement du Groupe ArcelorMittal à travailler sur le long terme en Algérie, avec l'objectif de réfléchir avec l'ensemble des parties prenantes aux meilleures options stratégiques pour augmenter la production d'acier en Algérie, véritable plateforme de développement industriel.

Ce qui est sûr, c'est que ça bouge du côté du complexe d'Annaba, et au vu de l'accélération des événements, et des difficultés que rencontre le Groupe ArcelorMittal au niveau de ses sites en Europe et les pertes enregistrées, l'idée d'une reprise par l'Etat de l'usine d'Annaba se confirme de plus en plus.

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