12 Février 2013

Les émissions obligataires de la diaspora en contexte africain

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Le complexe de l'Economiste en chef du Groupe de la Banque africaine de développement vient de publier une Note économique sur les potentialités pour les obligations de la diaspora en contexte africain. Tirant les leçons de l'émission d'obligations de la diaspora en Israël, en Ethiopie et en Inde, le document, intitulé "Diaspora Bonds: Some Lessons for African Countries" (Les emprunts obligataires de la diaspora : quelques leçons pour les pays africains), fait valoir que la mobilisation des richesses des migrants pourraient être une source efficace de financement du développement sur le continent.

Avec une population d'Africains résidant hors du continent estimée à 140 millions de personnes, économisant chaque année jusqu'à un montant estimé à 53 milliards de dollars EU dans les pays de destination, le potentiel des obligations de la diaspora est considérable. Des études ont indiqué que les envois de fonds des migrants vers les pays africains ne le cèdent qu'à l'investissement direct étranger (IDE), dépassant même l'aide publique au développement (APD).

Les obligations sont des titres d'emprunt ayant une échéance supérieure à un an, négociables sur les marchés financiers. Les obligations de la diaspora sont émises par le pays en direction de sa propre diaspora, en vue de puiser dans ses actifs dans le pays de destination, comme une alternative à l'emprunt sur le marché international des capitaux, les institutions financières multilatérales ou bilatérales des gouvernements. La pratique remonte aux années 1930 en Chine et au Japon, et a été suivie par Israël et l'Inde plus tard, dans les années 1950.

Les obligations de la diaspora sont généralement utilisées pour financer de grands projets de développement des infrastructures dans le secteur privé. Elles sont généralement utilisées par un pays pour exécuter sa stratégie de développement. Par ailleurs, le produit des obligations de la diaspora peut être affecté à des projets avec qui intéressent la diaspora, tels que les projets d'infrastructure, de logements et d'équipements sociaux.

Les pays africains sont fortement tributaires des financements extérieurs pour financer leur développement. Cependant, l'IDE et l'APD ont baissé ces dernières années. L'aide des bailleurs de fonds traditionnels va sans doute décliner à l'avenir, les pays donateurs étant amenés à concentrer leurs ressources à l'interne. Les envois de fonds ont également été affectés par la crise économique.

De ce fait, les institutions de développement sont à la recherche de nouveaux canaux de mobilisation des ressources.

Selon une étude antérieure de la Banque, l'Afrique pourrait éventuellement lever 17 milliards de dollars EU par an grâce aux flux futurs des exportations ou aux transferts comme garanties. La titrisation des envois de fonds pourrait permettre aux banques africaines de lever des ressources à court et à moyen terme.

En Afrique, l'Ethiopie est pour le moment le premier pays à avoir émis un emprunt obligatoire visant sa diaspora, bien que plusieurs pays envisagent de lui emboîter le pas, entre autres le Cap-Vert, le Kenya et le Ghana. Les emprunts obligataires ordinaires dans les pays africains ont été offerts sur le marché international, comme les emprunts du Maroc (2010), du Sénégal, de la Namibie, du Nigeria et de la Zambie en 2011 et 2012. Dans ce cas, le passage de l'emprunt obligataire international à l'emprunt diaspora s'apparente simplement à un effet de marketing, notent les auteurs du document.

La structure et la gestion des titres de la diaspora sont présentées en détail dans le document, qui indique que l'expertise de la Banque africaine de développement et ses instruments financiers, ainsi que son intérêt pour le cofinancement de projets, pourraient aider à mobiliser les ressources des migrants africains pour le développement.

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