Magharebia (Washington DC)

Afrique: Les oulémas africains défendent la paix

Nouakchott — Des leaders musulmans de toute l'Afrique s'élèvent contre l'incompréhension de la loi islamique par les extrémistes du Mali.

Des oulémas venus de tout le continent africain s'interrogent sur la légitimité des actes commis au nom de la Charia par des islamistes et des terroristes dans le nord du Mali.

"Les abus et atrocités qui ont été - et continuent d'être - commis sous le prétexte d'appliquer la Charia ne sont absolument pas fondés," ont déclaré des leaders religieux maliens ce vendredi 8 février à Bamako.

Leur communiqué commun fait suite à une déclaration en 14 points publiée fin janvier par l'Union des Oulémas Africains à l'intention des parties en guerre au Mali.

L'Union a appelé les pays de la région à mettre en place une force de défense conjointe chargée de maintenir la sécurité et de trouver une solution à leurs problèmes.

Elle a également condamné "tous les actes contraires aux principes de l'Islam, notamment les attaques, en temps de guerre, visant la population civile ou les lieux de culte, les prises d'otage - quelle que soit la nationalité ou la religion -, ainsi que les attaques à l'encontre de victimes innocentes".

Cette même semaine au cours de laquelle les oulémas ont publié leur déclaration, des leaders religieux, des érudits et des responsables gouvernementaux venus de 15 pays africains se sont réunis en Mauritanie pour débattre de la guerre au Mali.

La 25ème Conférence Scientifique Islamique Internationale, organisée à Nouakchott, a appelé les oulémas à jouer un rôle plus dynamique dans la diffusion des valeurs de paix, en s'efforçant de contrer l'extrémisme et la radicalisation des esprits chez les jeunes.

Le sommet, qui s'est déroulé du 20 au 23 janvier, était centré autour du thème suivant : "redynamiser le rôle des oulémas contre les effusions de sang et dans la diffusion des valeurs de paix".

Les question de la guerre dans le nord du Mali et de la propagation de l'idéologie extrémiste ont également été abordées lors de cet événement.

"Le risque, pour les jeunes, de dévier vers l'extrémisme et le fanatisme est l'élément qui nous a conduits à nous concentrer, lors de ce séminaire, sur la nécessité de guider la jeunesse," a déclaré Sheikh Mohammed Hafiz al-Nahwi, qui a organisé l'événement.

Selon lui, les nouveaux programmes destinés aux élèves de cycle secondaire s'articuleront autour des valeurs de modération, de centrisme, et de rejet de l'extrémisme et de la violence.

"Nous soutenons les efforts du Conseil Islamique du Mali en faveur du dialogue, que nous recherchions auparavant, avant même d'être surpris par cette guerre," a dit Sheikh Mohammed Hassan Ould Daddou, directeur du Centre de formation des oulémas.

Mahmoud Dicko, président du Haut-Conseil Islamique du Mali, s'est également prononcé en faveur du soutien de l'action militaire au Mali.

"L'intervention des troupes françaises venues soutenir l'armée dans son combat contre les groupes islamiques armés ne constitue pas une attaque envers l'Islam," a-t-il expliqué.

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