Sidwaya (Ouagadougou)

13 Février 2013

Burkina Faso: Projet Bagré pôle - Le bilan de l'an I, plus qu'encourageant

Les acteurs du Projet pôle de croissance de Bagré (PPCB) se sont donné rendez-vous sur le site du Centre écotouristique du complexe hydroagricole, pastoral et électrique de la localité, le vendredi 8 février 2013. Producteurs, partenaires techniques et financiers, personnel administratif du projet ont fait le bilan de l'exercice 2012 et annoncé le chronogramme des activités de 2013.

Une année après le lancement du Projet pôle de croissance de Bagré (PPCB), l'ensemble des principaux partenaires se sont réunis dans le but de permettre à tous d'être adéquatement informés sur le bilan des réalisations de l'année 2012 et de leur présenter les perspectives pour 2013. C'est dans une salle de conférence qui a refusé du monde que la rencontre s'est déroulée, dans deux langues de travail à savoir le français et une traduction en mooré pour permettre aux producteurs d'être acteurs de leur propre développement. Le gouvernement du Burkina Faso, en adoptant en décembre 2010 la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) 2011-2015, faisait de la promotion des pôles de croissance, l'une des orientations fortes retenues dans l'axe portant sur le développement des piliers de cette stratégie. Issaka Kargougou, directeur général du PPCB a alors expliqué que « le pôle de croissance de Bagré est le premier d'une série qui consiste à mettre en valeur les potentialités sectorielles et les ressources locales, en développant des stratégies portées à la fois par l'Etat et les collectivités territoriales et en s'appuyant sur le partenariat public-privé ». Si Bagrépôle est pilote dans la stratégie de développement durable du « pays des Hommes intègres », son envergure le rend tributaire d'une bonne organisation et d'une gouvernance avisée pour réussir. L'objectif étant pour les promoteurs « de maintenir vive la flamme de la concertation permanente qui garantit une bonne circulation de l'information et la recherche apaisée de solutions aux préoccupations qui viendraient à naître », selon le directeur général de la structure. C'est pour coller à cette vision de travail que la rencontre a lieu afin de « rendre compte de la gestion écoulée et mieux jalonner ensemble les sentiers de développement de cette nouvelle année », a-t-il poursuivi.

Au titre des acquis de l'exercice 2012, Etienne Kaboré et Ousmane Ouédraogo, les deux communicateurs bilingues de la rencontre ont cité la mutation juridique de la Maîtrise d'ouvrage de Bagré (MOB) en société d'économie mixte Bagrépôle et détenue à 60% par l'Etat burkinabè et 40% par le secteur privé national. Ils ont également relevé l'opération de communication réussie dans les 13 chefs-lieux de régions du pays et dans les 7 communes de la zone de concentration du projet ; l'adoption par le gouvernement d'un schéma directeur d'aménagement de la zone désormais d'utilité publique. Au titre des acquis, on retient aussi le lancement officiel du projet qui a draîné du monde à Bagré ; l'encadrement technique et l'appui aux producteurs apportés par deux banques, notamment (Coris Bank et la Banque commerciale du Burkina à hauteur de 555 millions de francs CFA) pour l'exploitation des 3380 hectares viabilisés etc. Le directeur général du PPCB en conclut que 2012 a été une année très studieuse pour son équipe en ce sens qu'elle a été centrée sur les réflexions stratégiques, l'organisation et la mise en opération du projet. Ces acquis sont à pérenniser et à intensifier en 2013 et l'on prévoit entre autres l'aménagement de 12 000 hectares supplémentaires et 269 km de pistes et routes, la construction d'une zone industrielle pour recevoir des unités de transformation et un centre d'affaires pour l'écoulement des produits agricoles, pastoraux, piscicoles, la réalisation d'infrastructures socioéconomiques, la mise en place et l'animation d'une radio FM de développement. Les banques qui ont déjà apporté leur concours l'année écoulée comptent redoubler d'effort et promettent des investissements à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA au profit des producteurs. D'autres services critiques en plus des établissements financiers viendront s'installer, à l'exemple des fournisseurs d'intrants, des consultants, des garages pour la réparation des équipements et autres.

Au titre des difficultés rencontrées en 2012, la crise foncière née de l'affectation de 1 500 ha aménagés qui a grippé un moment la mise en oeuvre du projet n'est plus qu'un mauvais souvenir à cause de « l'implication des plus hautes autorités de l'Etat, des forces vives de la région, et des populations elles-mêmes, tout est rentré dans l'ordre ». D'ores et déjà, « nous avons entrepris de mettre en oeuvre un système transparent d'allocation des terres et il sera incessamment lancé courant février un avis à manifestation d'intérêt pour tous ceux qui veulent postuler à des terres aménagées à Bagré. Que tout le monde fasse des demandes écrites en précisant les quantités de terres que ces promoteurs souhaitent avoir de même que les spéculations qui y seront développées », a soutenu Issaka Kargougou.

Financé par le gouvernement du Burkina Faso et la Banque mondiale, le PPCB ambitionne d'accroître l'activité économique de la zone de Bagré, avec des impacts positifs et des effets sur l'économie de la région du Centre-Est et sur l'économie nationale par le développement d'une agriculture commerciale compétitive, la transformation agro-alimentaire, l'accroissement du nombre d'emplois, l'augmentation de la valeur ajoutée des produits à exporter, la production et le développement des services à Bagré.

Joseph Minoungou, représentant de Coris Bank :

« Pour cette campagne 2012, nous avons investi à hauteur de 555 millions. Nous prévoyons pour la campagne 2013 deux milliards pour accompagner les différents secteurs des filières de production, de telle sorte que les objectifs de Bagrépôle puissent être atteints. Nous sommes très satisfaits de notre partenariat avec Bagrépôle, dans la mesure où toutes nos préoccupations sont prises en compte par la direction générale du projet. Des dispositions ont par exemple été prises pour qu'à terme, on puisse délivrer des titres de propriété dont les détenteurs pourront se servir pour obtenir des crédits bancaires. Les risques ne peuvent pas être totalement annihilés d'investir en agriculture du fait des aléas climatiques. Nous sommes obligés de conjuguer avec ces risques inhérents à l'agriculture car Bagrépôle est d'une telle importance pour l'économie nationale que nous ne pouvons nous dérober ».

Patrick Hervé Ouédraogo, directeur des engagements du risque à la Banque commerciale du Burkina :

« Au regard de notre double contrainte, à savoir que nous sommes une banque commerciale installée au Burkina et qu'en plus nous sommes à 50% d'actionnariat burkinabè, nous sommes tenus d'accompagner le développement au niveau de ce pays. Dans un premier temps, nous apportons un appui-conseil à l'endroit de tous nos partenaires de façon à ce que les ressources que nous apportons soient utilisées efficacement. C'est donc une relation gagnant-gagnant où nous exerçons notre responsabilité sociale et en plus, nous faisons du business. La BCB bouclera bientôt 25 ans d'expérience et nous finançons déjà ce secteur productif à hauteur de milliards et nous ferons davantage après une certaine maîtrise des risques. Pour l'instant, nous avons pris le train en marche à Bagrépôle, ce qui explique la modicité de notre investissement : 50 millions ».

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