Le Phare (Kinshasa)

Ouganda: Négociations de Kampala - Kinshasa et le M23 privés de quorum

Kinshasa — Les effectifs du gouvernement congolais et de la rébellion du M23 aux négociations de Kampala ont subi une sévère cure d'amaigrissement depuis quelques jours, pour des raisons financières. La partie congolaise se plaint d'être seule à supporter les factures de logement, de restauration, de transports, de communications et autres.

Pourtant, des sources proches des organisateurs soutiennent que le gros des dépenses étaient à la charge de Fondation Howard G. Buffett, appartenant au milliardaire américain Warren Buffett.

La décision de réduire les écuries était intervenue au lendemain de l'adoption, par les deux parties, du texte consacrant le travail de réévaluation de l'Accord du 23 mars 2009. Selon les échos en provenance de la capitale ougandaise, le nombre des négociateurs tournerait pour le moment autour de 6 à 8 unités de part et d'autre.

Le hic, dans ce dialogue à format réduit, se situe au niveau de la validité des compromis éventuels auxquels pourraient aboutir les officiels de Kinshasa et de Bunagana au sujet des questions de fond, dont celle de la sécurité, actuellement sur la table.

A en croire des sources qui ont revisité le règlement intérieur, les deux parties s'étaient mises d'accord sur le quorum de décision, lequel devrait reposer sur un paquet de 15 participants pour chacune des délégations. En principe, avec des effectifs réduits à 6 ou 8 délégués de part et d'autre, aucune décision ne devrait être prise concernant des questions de fond.

Des consultations informelles ?

De ce point de vue, nombre d'observateurs pensent que le gouvernement congolais et la rébellion du M23 se trouvent engagés, depuis la semaine derrière, dans des échanges à caractère informel. A défaut de réunir le quorum de décision, leur travail devrait se limiter à la transmission de leurs propositions écrites au Facilitateur, à savoir le ministre ougandais de la Défense, Crispus Kiyonga, qui a la charge de les canaliser vers le Médiateur, le président ougandais Yoweri Museveni, en attendant les débats de fond, si jamais les deux parties acceptaient de s'engouffrer dans cette voie.

Aussi, les prolongations actuelles auxquelles se livrent les délégués de Kinshasa et de Bunagana paraissent des plus suspectes aux yeux d'un grand nombre de Congolais qui pensent qu'ils devraient être largement informés de ce qui passe à Kampala après le retrait du gros des effectifs des deux délégations.

Dans l'hypothèse où des questions de fond, telles que celles liées à la sécurité, à la politique, à l'économie, à la diplomatie, la territoriale, au portefeuille de l'Etat, à la Constitution seraient tout de même discutées, en dépit des déclarations de Kinshasa allant dans le sens de tout refus de débat de fond, le commun des Congolais devrait avoir droit aux explications de la part de ceux qui sont censés défendre les intérêts vitaux de la Nation. Quoique l'on dise, le fait que les délégués de Kinshasa et ceux de Bunagana n'aient pas mis fin à ce que l'on considère désormais comme des pré-négociations autour de l'Accord du 23 mars 2009, pousse à croire que le dossier du Congo échappe aux Congolais. Pourtant, les absences des composantes telles que la Société civile, l'Opposition non armée et la Diaspora à Kampala devraient justifier amplement l'abandon des négociations qui paraissent sans impact notable sur la crise congolaise.

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