Sidwaya (Ouagadougou)

14 Février 2013

Afrique de l'Ouest: Sommet extraordinaire de la CEN-SAD - Refondation de l'organisation et défis sécuritaires au menu

Photo: Sidwaya
Réunion extraordinaire de la CEN-SAD du samedi 16 février 2013 à Ndjaména

Le Président du Faso, Blaise Compaoré, prendra part, le samedi 16 février 2013 à N'Djamena, au Tchad, à un sommet extraordinaire de la conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD).

Les dirigeants des 28 pays membres de l'organisation échangeront sur la refondation de la CEN-SAD ainsi que des questions politiques et sécuritaires dans la zone sahélo-saharienne.

Ce n'est un secret pour personne que l'espace sahélo-saharien est confronté à une multitude de défis politiques, socioéconomiques, environnementaux, humanitaires et sécuritaires. Toute chose qui fragilise la sécurité et la stabilité de la région.

Les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) qui se réuniront à N'Djamena, au Tchad, ce samedi 16 février 2013, à l'occasion d'un sommet extraordinaire, seront donc « hors sujet », s'ils ne planchaient pas sur ces préoccupations de l'heure.

En tous les cas, des sources officielles tchadiennes laissent entrevoir que le sommet, auquel participera le Président du Faso, Blaise Compaoré, portera sur l'examen des questions politiques et sécuritaires et l'adoption de la déclaration et du Plan d'action relatifs à l'organisation.

De même, il revient que les participants examineront les rapports de la session extraordinaire du conseil exécutif de la CEN-SAD qui s'est tenue, les 13 et 14 février 2013 à N'Djamena et de celle tenue en juin 2012 à Rabat (Maroc).

La rencontre de Rabat avait, en effet, discuté de la refondation de la CEN-SAD et des pistes de sa réorganisation pour faire face aux nouveaux défis. Tout cela, sur fond d'inquiétudes face aux crises sécuritaires qui secouent la zone sahélo-saharienne.

L'on se souvient que les discussions engagées au Maroc, entre les différents pays membres de la CEN-SAD, avaient abouti à une refondation de la communauté sahélo-saharienne avec l'adoption d'un projet de traité révisé.

Des sources proches du sommet notent que ce nouveau texte qui sera soumis, ce samedi, à la conférence des chefs d'Etat et de gouvernement, constitue un progrès devant consacrer un nouvel élan dans l'évolution de l'organisation.

C'est dans cette dynamique que les experts de la CEN-SAD se sont retrouvés, le dimanche 10 février 2013, à N'Djamena, dans le cadre d'une réunion préparatoire à la session extraordinaire du conseil exécutif de l'organisation (13-14 février).

Ces experts avaient à l'ordre du jour de leur rencontre, l'examen et l'adoption du projet de règlement financier de la CEN-SAD, du projet de règlement intérieur de la conférence des chefs d'Etat et de gouvernement et celui du conseil exécutif.

Si la CEN-SAD m'était contée

La Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) est une organisation internationale regroupant, de nos jours, 28 Etats africains. Le 20 juin 2009, Pedro Pires, Président capverdien en visite en Libye, avait annoncé la décision de son pays, d'adhérer à l'organisation.

Le Cap-Vert deviendra le 29e pays membre de la CEN-SAD, créée le 4 février 1998 à Tripoli (Libye) à l'issue d'un sommet réunissant les chefs d'Etat de la Libye, du Mali, du Niger, du Soudan et du Tchad. Le président du Faso était représenté.

En mettant en place cette structure, ses fondateurs lui avaient assigné comme objectifs, l'établissement d'une union économique globale basée sur une stratégie complémentaire des plans nationaux de développement des pays concernés, englobant l'investissement dans les domaines agricole, industriel, énergétique, social et culturel.

Ils ambitionnaient aussi la suppression de toutes les restrictions qui entravent le rassemblement de ces pays par la prise de mesures nécessaires pour assurer la libre circulation des personnes, des capitaux et des intérêts des ressortissants des Etats membres, la liberté de séjour, de propriété et d'exercice de l'activité économique et la liberté d'échange et de circulation des biens, des produits et services originaires des pays signataires.

La CEN-SAD avait aussi comme objectifs, la promotion du commerce extérieur par une politique d'investissement dans les Etats membres, l'accroissement entre les Etats membres des moyens de transport et de communication terrestre, aérien et maritime par l'exécution de projets communs, la reconnaissance aux ressortissants des pays membres des mêmes droits, avantages et devoirs reconnus à leurs propres citoyens conformément aux dispositions de leurs constitutions respectives.

Et enfin, l'harmonisation des systèmes éducatifs, pédagogiques, scientifiques et culturels dans les différents cycles de formation.

Pour atteindre ces objectifs, la CEN-SAD s'est dotée de cinq organes. Au sommet, il y a la conférence des leaders et chefs d'Etat qui se réunit une fois par an, en présidence rotative et alternativement dans les différentes capitales des Etats.

Ensuite, le conseil exécutif, chargé de la préparation des programmes et plans complémentaires et de l'exécution des décisions de la Conférence des leaders et chefs d'Etat et le secrétariat général qui a pour rôle la gestion quotidienne et suivi du fonctionnement des différentes institutions de la Communauté.

Parmi les deux derniers organes mis en place par la CEN-SAD pour son efficacité, il y a la Banque sahélo-saharienne pour l'investissement et le commerce (BSIC). Créée en 1999, elle est chargée notamment du financement de projets de développement économique.

Enfin, le Conseil économique, social et culturel, est un organe consultatif pour la conception et l'élaboration des politiques, des plans et programmes à caractère économique, social et culturel des pays membres.

Pour mémoire, la CEN-SAD a déjà tenu un sommet au Burkina Faso. Lors dudit sommet, les 1er et 2 juin 2005, les chefs d'Etat ont décidé de créer une« haute autorité de l'eau, de l'agriculture et des semences » afin de permettre aux pays membres de développer leur agriculture par une meilleure maîtrise des ressources en eau et la sélection des semences.

D'autre part, le sommet a décidé de mettre en étude la construction d'une ligne de chemin de fer reliant la Libye, le Tchad, le Niger, avec des bretelles vers le Burkina Faso, le Mali et le Sénégal, afin de faciliter les échanges et désenclaver l'espace CEN-SAD.

Comme l'histoire de la CEN-SAD le laisse transparaître ci-dessus, l'organisation a de grandes ambitions. Il appartient aux dirigeants de l'espace de traduire tout cela en réalité, pour le bonheur des populations.

Et à l'heure où il est question de la refondation du CEN-SAD, le sommet de N'Djamena devrait sonner la relance de l'organisation, pour le salut de l'espace sahélo-saharien.

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