Le gouverneur de Conakry, Sékou Resco Camara, a été inculpé et entendu ce jeudi 14 février par le tribunal de première instance de Dixinn. Selon un communique de la FIDH, il a répondu "longuement" sur des accusations de torture portées contre lui, le général Nouhou Thiam, ancien chef d'état major des armées et le commandant Aboubacar Sidiki, ancien aide de camp du général Sékouba Konaté.
La fédération internationale de défense des droits de l'homme s'est félicitée de "cette avancée importante" dans l'enquête judiciaire concernant des faits de tortures commis à Conakry en octobre 2010. Souhayr Belhassen, président de la FIDH a soutenu que l'inculpation du gouverneur est un signal important dans la lutte contre l'impunité. " L'ouverture de l'enquête en mai 2012 et l'audition de l'ensemble des parties civiles, avaient donné aux victimes l'espoir de voir la justice rendue. L'inculpation d'un haut responsable présumé est une nouvelle étape cruciale dans cette quête de justice", a poursuivi Mme Souhayr Belhassen.
Pour Thierno Maadjou Sow, président de l'OGDH, nul n'est au-dessus de la loi "pas même les forces de l'ordre". "De mémoire de défenseur des droits de l'homme en Guinée, jamais une procédure pour des faits si graves impliquant de hauts responsables militaires n'avait été instruite si rapidement", ajoute-t-il.
Me Patrick Baudouin, président d'honneur de la FIDH, souligne que cette inculpation n'est qu'une première étape. "La mise en cause de M. Camara, qui bénéficie de la présomption d'innocence et qui va désormais pouvoir se défendre dans cette procédure, est une première étape : d'autres responsabilités doivent maintenant être établies, y compris à des niveaux inférieurs de la hiérarchie, afin d'achever l'instruction et d'aboutir à un procès juste et équitable dans un délai raisonnable", enchaîne Me Baudouin.
En octobre 2010, selon les informations transmises à la justice, des éléments de la garde rapprochée du Président par intérim de la transition auraient arrêté et détenu arbitrairement plusieurs individus et les auraient soumis à des actes de torture en présence et suivant les instructions de M. Sékou Resco Camara, du Général Nouhou Thiam, et du Commandant Aboubacar Sidiki Camara dit De Gaulle.
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