Afrique: Le CICR, depuis 150 ans au coeur de l'humanitaire

Après avoir découvert durant un voyage en Italie les horreurs de la bataille de Solférino en 1859, le philanthrope suisse Henri Dunant, entouré de quatre amis, crée le Comité international pour le secours aux blessés le 17 février 1863.

Les bases du futur Comité international de la Croix-Rouge sont posées. Depuis 150 ans, le succès de la mission du CICR tient en un principe : assurer la protection des victimes de conflits armés et leur porter assistance en s'appliquant au respect du droit international humanitaire. L'histoire du CICR, en perpétuelle évolution, est loin d'être terminée.

En août 1864, le Comité international de la Croix-Rouge persuade les gouvernements d'adopter la première Convention de Genève.

Elle oblige les armées à soigner les soldats blessés, de quelque côté qu'ils soient, et introduit un emblème unique pour les services médicaux : une croix rouge sur fond blanc. Symbole visible depuis lors sur la quasi-totalité des zones de conflits sur la planète.

C'est le premier succès du Comité. Une victoire cruciale pour l'humanitaire. La même année sont mises en place des sociétés de secours dans chaque pays, les Sociétés de la Croix-Rouge, desquelles se distingue le CICR par sa dimension « universelle », atout majeur et inédit à l'époque.

Dès ses débuts, alors que son rôle initial est de coordonner, le CICR intervient dans les opérations de terrain. Sa neutralité affichée dans les conflits fait du lui sa force première et son second atout.

Un seul échec parmi tous les succès

Des personnes déplacées qui ont fui une offensive dans la vallée de Swat, attendent leur ration de nourriture au camp du CICR Jalozai, au nord-ouest d'Islamabad, le 31 mai 2009.

Le CICR intervient durant la Première Guerre mondiale. C'est à ce moment là qu'est créée l'Agence internationale des prisonniers de guerre à Genève. Le but affiché de ce nouvel organe du Comité est de rétablir les liens entre les soldats capturés et leurs familles.

Les premières missions du CICR hors d'Europe démarrent durant l'entre-deux-guerres, en Ethiopie, en Amérique du Sud ou bien encore en Extrême-Orient.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le Comité s'attèle à s'occuper des victimes. Mais son inaction face aux victimes de l'Holocauste et à d'autres groupes persécutés marque est vécu dès 1945 comme un échec.

Depuis 1945, le Comité n'enregistre que des succès. En 1949, grâce à son initiative, des Etats acceptent la révision des trois Conventions de Genève existantes. Les Conventions définissent le principal mandat du CICR dans les situations de conflit armé.

La volonté du Comité d'adapter le droit à l'évolution des conflits est une autre particularité du CICR dès ses débuts. C'est aujourd'hui encore l'une des ses spécificités.

De multiples activités en permanence adaptées aux besoins

Aujourd'hui, le CICR, doté d'un budget d'1,2 milliard de dollars, entend donc répondre rapidement et efficacement aux besoins humanitaires des personnes touchées par un conflit armé, ou par une catastrophe naturelle survenant dans une zone de conflit armé.

Pour ce faire, il met en place des activités très variées. Celles-ci vont des visites aux détenus en passant par la protection de la population civile, la protection des soins de santé jusqu'au renforcement du respect du droit.

Dans quelque 80 pays, plus de 12 000 personnes s'attachent au développement de ces activités, grâce à un immense réseau de missions et de délégations.

Les plus importantes missions du CICR sont déployées au Pakistan, en Afghanistan, en Irak, en Somalie, au Soudan, en République démocratique du Congo, en Israël et dans les Territoires occupés, en Colombie, au Yémen, au Mali et au Niger.

L'évolution du droit international humanitaire, un défi pour le CICR

Le président syrien Bachar el-Assad (G) lors d'une rencontre en septembre 2012 à Damas avec Peter Maurer (D), président du CICR.

Aujourd'hui, le CICR encourage le développement du droit international humanitaire (DIH) et mène une lutte permanente pour son respect auprès des acteurs gouvernementaux et des porteurs d'armes.

Parce que, dans les conflits armés contemporains, les civils sont les principales victimes des violations du droit international humanitaire commises tant par des Etats que par des acteurs non étatiques.

Les humanitaires du XXIe siècle doivent en effet réfléchir sur de nombreuses problématiques nouvelles afin de répondre efficacement sur le terrain aux réalités de la guerre moderne que sont le terrorisme, les nouvelles armes et technologies, la présence de forces multinationales, la question du droit international et sa relation avec les droits de l'homme, etc.

A côté de ces nouveaux défis, éléments moteurs de la puissance du Comité international de la Croix-Rouge, la force de l'Organisation telle que la conçoit son président le Suisse Peter Maurer dans un entretien à l'Agence France-presse (AFP), « c'est la conviction, c'est d'être proche du terrain, proche des conflits, c'est de connaître les acteurs, la souffrance des populations, de leur répondre »...

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