Le ministre de l'Industrie, Petites et moyennes entreprises, Rémy Musungayi, a interdit depuis le 21 août 2012, l'importation, la fabrication et l'utilisation du sachet en plastique. Ensuite, le ministre de l'Industrie avait accordé un moratoire de trois mois aux fabricants de ce sachet.
Ce moratoire a expiré depuis le 21 novembre 2012. Mais jusqu'à ce jour, les fabricants, importateurs et vendeurs de sachets en plastique se comptent par centaines à travers la République. Cela, au vu et au su des pouvoirs publics pourtant censés être contraignants.
Foulant aux pieds les lois de la République, ces récalcitrants défient le gouvernement de la République et disent ne rien craindre à ce sujet. Quelques vendeurs de sachets en plastique interrogés à ce sujet incriminent les fabricants et les importateurs.
Pour eux, ils s'approvisionnent auprès de gros importateurs et autres fabricants de la ville. S'il faut sanctionner, pensent-ils, le gouvernement doit s'en prendre aux fabricants et importateurs.
Au début de l'année en cours (2013), le ministre de l'Industrie, Petites et moyennes entreprises avait demandé à la Police nationale congolaise de l'accompagner pour faire appliquer cette mesure. Le commissaire général de la police/ville de Kinshasa, Jean de Dieu Oleko, contacté il y a quelques jours par radio Okapi, a dit que dans cette opération, la police ne joue que le rôle d'accompagnement. Selon lui, la traque des récalcitrants ne peut être initiée que par le ministère de l'Industrie.
Dans plusieurs supermarchés de Kinshasa, les produits continuent à être emballés dans des sachets en plastique non biodégradables. Certains responsables de ces magasins interrogés ont affirmé qu'ils n'avaient jamais été officiellement notifiés par l'autorité publique.
D'autres estiment par ailleurs que cette mesure ne concerne que les fabricants. Pour eux, la non utilisation du sachet en plastique ne dépendra que de leurs fournisseurs qui, à ce jour, continuent à en fabriquer.
Au cours d'une conférence de presse tenue par le ministre de l'Industrie, Petites et moyennes entreprises le jeudi 19 juillet 2012 à Kinshasa, l'orateur avait annoncé l'interdiction d'importation, de fabrication et de commercialisation des sacs en plastique à travers toute la République.
Cette décision, avait-il affirmé, n'était que l'application de l'arrêté interministériel du 12 avril 2007, interdisant le commerce d'alcool, d'eau de vie et de liqueur en sachet.
Cette interdiction, avait-il ajouté, était motivée par le souci « de préserver l'environnement et d'améliorer les conditions de vie des populations ».
« C'est compte tenu de la pollution créée par les sachets que je me suis fait accompagner du gouverneur de la ville de Kinshasa, pour demander aux opérateurs économiques d'arrêter de commercialiser et même d'importer les intrants qui servent dans la fabrication des sachets », avait-il déclaré.
Le secrétaire général à l'Industrie avait envoyé, à l'époque, une équipe d'inspecteurs pour persuader les opérateurs économiques à s'engager à ne plus produire et commercialiser les produits dans des emballages non biodégradables.
Quelques-uns se sont engagés. Le ministre avait demandé à ceux des opérateurs économiques qui détenaient encore des sachets en plastique de les recycler en emballage biodégradable.
« On va commencer à fabriquer des emballages avec des matières biodégradables tel que ça se passe partout en Afrique. Partout où nous opérons, la production, l'importation et la commercialisation des sachets en plastique sont interdites », a affirmé un opérateur économique qui a requis l'anonymat. Il a reconnu que les matières biodégradables coûtent excessivement cher.
A ce stade, l'Etat ne doit recourir qu'à l'application de la réglementation en la matière. Ce qui permettra le rétablissement de l'ordre dans le secteur et la préservation de l'environnement.
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