L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Mouvance Ravalomanana - Casse-tête sur le potentiel candidat

La mouvance Ravalomanana n'écarte pas sa participation aux prochaines élections. La question de son candidat à la présidentielle reste cependant une énigme.

Des critères complexes. Tout comme les partisans de l'ancien président Marc Ravalomanana, l'opinion attend avec impatience, de connaître le porte-fanion de la mouvance qui porte son nom à la prochaine présidentielle. « Je désignerais moi-même celui qui nous y représentera », avait prévenu Marc Ravalomanana depuis sa terre d'exil, le 16 janvier.

Pour l'élection présidentielle, le choix de l'ancien chef de l'État se porterait probablement sur un candidat qui incarnera son aura politique et idéologique. Autrement dit, il devra inclure dans ses choix la question religieuse et ethnique. Le fondateur du parti Tiako i Madagasikara tiendra également compte du fait que son futur candidat devra avoir une envergure nationale et susciter une certaine sympathie populaire.

Parmi les partisans de Marc Ravalomanana, les prétendants ne manquent pas, mais rares sont ceux qui semblent refléter l'image de l'ancien Président. La ville d'Antananarivo et ses environs, qui disposent du plus grand nombre d'électeurs, est vraisemblablement le point stratégique où les candidats devront ravir le maximum de voix pour espérer gagner les élections.

En 1999, Marc Ravalomanana avait remporté haut la main la municipale de la capitale. Lors des présidentielles de 2001 et 2006, il avait également disposé d'une avance confortable à Antananarivo et ses environs avec près de 60% des voix. L'ancien locataire d'Ambohitsorohitra pourrait désigner un candidat dont le profil culturel et géographique se rapproche le plus du sien et peut ainsi attirer les voix des électeurs de la capitale.

L'un de ses atouts est qu'il avait une assise particulière au sein de l'Église réformée protestante de Madagascar (FJKM). Une situation qui n'est pas à écarter dans une élection d'envergure nationale dans la Grande île. L'histoire prouve que l'appui, même informel d'un ou des membres du Conseil oecuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) a souvent permis l'accession au pouvoir de nos anciens dirigeants. Ce critère religieux pourrait aussi être pris en compte par l'exilé d'Afrique du Sud dans le choix de son remplaçant.

Un novice

Certains leaders de la mouvance Ravalomanana sont considérés comme les potentiels favoris de Marc Ravalomanana. Que ce soit Pierrot Botozaza, vice-Premier ministre de l'Économie et de l'industrie, ou Mamy Rakotoarivelo, président du Congrès de la transition (CT), tous ont affirmé être prêts à affronter les urnes pour la présidentielle, sous réserve d'une investiture en bonne et due forme de leur leader. Encore méconnus avant la crise, les deux hommes doivent encore faire leur preuve sur le plan national. Malgré un statut non négligeable dans le régime transitoire et dans la mouvance de l'ancien chef de l'État, ils risquent d'être handicapés par leur manque d'influence sur le plan national.

Le capital sympathie auprès des électeurs de ces cadres de la mouvance Ravalomanana reste également à démontrer. L'adhésion populaire acquise lors de son élection à la mairie d'Antananarivo en 1999 et la réputation qu'il a acquise à la tête de la ville des Mille ont probablement contribué à l'accession à la présidence de l'ancien Président. Cependant, parmi les politiciens qui le soutiennent, nul ne peut prétendre à l'engouement populaire qu'avait ou qu'a encore l'ancien Président.

Marc Ravalomanana pourrait aussi être tenté de désigner une personnalité novice en politique pour être son porte-fanion le 24 juillet. Éventuellement, le pasteur Lala Rasendrahasina lui correspondrait le plus parmi ses partisans. En tant que président de la FJKM, il dispose d'une renommée nationale. Sa réélection au premier tour, à la tête de la FJKM en août 2012, semble confirmer la sympathie des croyants, tout au moins des dignitaires de cette branche du FFKM. Le pasteur Rasendrahasina a également une similitude avec l'ancien chef de l'État du point de vue culturel et origine géographique.

Interrogé sur cette éventualité, il s'est dit d'accord. Au préalable, le président de la FJKM devra démissionner de son poste pour respecter l'article 49 de la Constitution de la IVe République.

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