L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

18 Février 2013

Tunisie: A la recherche d'un introuvable gouvernement

Photo: La Presse
La concertations pour la formation d'un gouvernement apolitique en Tunisie n'a pas abouti

La marge de manoeuvre du Premier ministre tunisien, Hamadi Jebali semble se réduire de plus en plus comme une peau de chagrin.

Publiquement désavoué par sa propre formation politique, Ennahda dont il est par ailleurs le N°2 et moqué par une franche de la classe politique, l'homme cherche désespérément depuis plusieurs semaines à former un gouvernement. Ce qui ressemble à un jeu de chaises musicales ailleurs est un casse tête présentement au pays de Bourguiba. Un gouvernement presqu'introuvable si l'on sait que le projet de Jebali pour une équipe ministérielle de technocrates apolitiques se trouve irrémédiablement reléguée pour le moment dans une impasse, sinon vouée à l'échec.

Et c'est en cela que la rencontre entre politiques à Carthage hier lundi 18 février, avait toutes les allures de la dernière chance. Si pour l'heure, il est difficile de supputer sur les retombées de ces concertations, on sait par contre que Ennahda, qui reste l'une des plus grandes forces politiques dans ce pays, refuse désespérément de se départir, de céder les ministères de souveraineté à des personnalités non islamistes, tout en militant pour une équipe hybride composée de politiques et de non partisans

On se souvient que bien avant le meurtre du l'avocat Chokri Bélaid, le chef du gouvernement de l'ère post printemps- arabe version Tunisie avait posé un ultimatum lors d'une conférence de presse : sur la table, il n'avait pas manquer d' exiger- d'ailleurs sur fond de malentendus avec sa formation politique originelle - à défaut de pouvoir former une nouvelle équipe exécutive, que les protagonistes de la scène politique au pays de Bourguiba puissent parler le même langage auquel cas il rendrait sa démission.

C'est vrai, bien que vice-patron de Ennahda, l'homme n'a pas toutes les ficelles pour actionner les leviers de son parti qui reste bien entre les mains de Racheed Ghannouchi, partisan d'une rupture profonde avec l'ancien régime et d'un nettoyage systématique d'une administration corrompue et inapte aux desiderata des islamistes.

De quelles manoeuvres peut donc disposer un tel chef de gouvernement très contesté à l'intérieur de son parti et dont les «amis externes» souhaitent dans le secret de leur chambre, la chute ?

En termes de pouvoir, très peu à dire vrai, si l'on sait que Ennahda a réussi le tour de force de se rallier tous ses opposants et mieux, disposerait d'une majorité qualifiée pour censurer l'Assemblée nationale constituante et le chef du gouvernement ,avec. Et toutes ces querelles byzantines entre tenants du pouvoir, semble de plus en plus agacer la population qui a fini de perdre son arabe dans ces interminables discussions entre politiques .

Une situation qui a vu fondre comme beurre au soleil ses conditions de vie de plus d'un Tunisien. Et gageons qu'à ce rythme, il ne restera qu'à regretter l'ère Ben Ali. Ce qui pourrait s'apparenter à un recul démocratique.

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