Le conflit au Mali survient d'une part de l'aspect culturel. Selon, Dr El hadji Sarr, président des cadres de Tekki qui revisitait l'ouvrage de son mentor Mamadou Lamine Diallo, « Tekki, Principes et méthodes du Responsabilisme», «Les différences ethniques, raciales, religieuses, culturelles, au lieu d'apparaître comme diversités enrichissantes pour une communauté plurielle, sont érigées en facteurs de haine ou, à tout le moins, en frontières symboliques à l'intérieur de ladite communauté».
Dans un extrait du livre de Mamadou Lamine Diallo, «Tekki, Principes et méthodes du Responsabilisme» paru en 2010, Dr Elhadji Sarr, Président de Synergie Tekki dans une contribution datée du 18 février, a avancé que le syndrome malien, c'est également l'échec de cinquante années d'une voie de développement politique, économique et institutionnel sans issue.
Pour M. Sarr, « le niveau de dénuement de nos populations, surtout de sa frange jeune ainsi que l'inadéquation de nos institutions par rapport à nos réalités historiques, sociologiques et culturelles, constituent un terreau propice à l'émergence de forces de désagrégation, de formes souveraines de régulation politique et sociale qui apparaissent hors de l'Etat, ce que Achille Mbembe appelle « sortie de l'Etat » dans son étude des frontières mouvantes du continent ». Et de poursuivre : « les différences ethniques, raciales, religieuses, culturelles, au lieu d'apparaître comme diversités enrichissantes pour une communauté plurielle, sont érigées en facteurs de haine ou, à tout le moins, en frontières symboliques à l'intérieur de ladite communauté ».
Pour ce cadre de Tekki qui fait une relecture de l'ouvrage de son leader, il avance qu' « à supposer d'ailleurs qu'il y ait des antagonismes de fait autour de ces différences, un Etat viable devrait pouvoir les absorber dans le jeu institutionnel et politique à travers des confrontations pacifiques. Ce qui, hélas, n'a pas été le cas hier au Soudan, aux Comores et en Somalie, ce qui n'est pas encore le cas aujourd'hui en Guinée Bissau et au Mali, et qui sait ce qu'il adviendra demain de la Rdc, du Nigéria, de la Côte d'Ivoire et de beaucoup d'autres territoires du continent ?» Pour stopper ce phénomène, l'auteur dans son ouvrage atteste qu'assurément, de nouvelles institutions endogènes sont nécessaires pour prendre en charge ces menaces. Il s'agira pour Mamadou Diallo, « de sortir du formalisme institutionnel désuet et désincarné en vigueur, héritage colonial maintenu par pur conservatisme ou mimétisme paresseux».
A en croire l'auteur, les réalités spécifiques à l'Afrique, à son histoire et à ses cultures devraient donner de la matière à une oeuvre urgente de destruction créatrice, en maintenant et en enrichissant les valeurs universelles de la République et de la Démocratie. « A l'instar de l'Amérique, du Royaume-Uni, ou même de l'Allemagne et d'autres aires géographiques, les pays africains ont le droit d'assumer leurs croyances, diverses et plurielles, comme fondement spirituel de leur culture institutionnelle. Cela contribuerait à rendre leurs institutions légitimes et populaires, donc démocratiques» a-t-il noté. Et d'ajouter : « dans cette perspective, l'avènement de l'émergence citoyenne aiderait à réformer nos moeurs politiques car c'est la condition préalable à tout projet de transformation sociale durable.
Comme dans les arts et les sports, le génie africain, libéré de ses carcans, saura contribuer au renouvellement d'une démocratie mondiale en crise ». Pour M. Sarr, la crise au Mali aujourd'hui engage d'abord la responsabilité de l'élite dirigeante du Mali, et pose la nécessité du renouvellement des élites politiques dans un monde où la compétition pour l'accès aux ressources naturelles et aux marchés est plus féroce que jamais.
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