L'Express de Madagascar (Antananarivo)

20 Février 2013

Afrique Australe: Sortie de crise - La SADC se démarque de l'Union Africaine

Photo: L'Express de Madagascar
Elections 2013 à Madagascar

La Troïka, organe de coopération de la SADC, tient tête à l'Union africaine dans la gestion du dossier de sortie de crise malgache, déjà fragile, mettant en exergue une discordance internationale.

Une confusion à n'en plus finir. La Troïka, organe de coopération de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) tient à se démarquer de la démarche du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine dans la gestion de la sortie de crise.

« Il y a eu confusion par rapport au communiqué du CPS de l'Union Africaine, étant donné que celui-ci n'a pas été élaboré en coordination avec la SADC », a indiqué Bernard Membe, ministre tanzanien des Affaires étrangères, hier à Ivato après une visite éclair auprès du président de la Transition Andry Rajoelina. « La SADC va rectifier ce communiqué afin que le CPS puisse en publier un autre », a-t-il ajouté, rapporte le communiqué de la Présidence à la suite de la rencontre.

Bernard Membe a remis une lettre personnelle de son président, qui se trouve à la tête de la Troïka, à l'homme fort de la Transition. L'entrevue entre les deux personnalités a duré plus de deux tours d'horloge.

La Tanzanie, à travers la déclaration de Bernard Membe, n'apprécie pas la démarche du CPS et l'a fait savoir. Il évoque « l'absence de consultation » de la SADC dans la décision de l'Union africaine. Il refuse de lier le règlement du retour de l'ancien président Marc Ravalomanana et la décision relative à la levée des sanctions imposées par l'Union africaine à l'encontre des 109 dirigeants de la transition en 2009. « La levée des sanctions (...) n'est pas du tout conditionnée par le retour de l'ancien président Ravalomanana », affirme-t-il, laissant entendre une volonté de régler le cas du retour des exilés au niveau de la SADC et celui des sanctions à l'Union africaine.

Le Conseil de paix et de sécurité avait demandé à la Présidente de la Commission de l'Union africaine, « en consultation avec la SADC, de lui faire rapport, au plus tard en début avril » à l'issue de sa réunion du 13 février. Ce rapport devrait indiquer « les progrès accomplis dans la mise en oeuvre de la Feuille de route, y compris son article 20, à l'effet de lui permettre de statuer sur la levée de la mesure de suspension de Madagascar ».

Lutte d'influence

La Troïka de la SADC donne l'impression de vouloir marquer son territoire par rapport à l'Union africaine qui avait récemment montré une volonté de revenir dans le dossier malgache. Sa démarche met en exergue des discordances, voire une lutte d'influence au niveau international dans la gestion dudit dossier. Des divergences qui pourraient compliquer un peu plus un processus de sortie de crise déjà fragile, faute d'une décision franche et définitive sur certaines questions brûlantes dont celle concernant le retour de l'ancien président.

Selon certaines indiscrétions, Bernard Membe aurait évoqué avec Andry Rajoelina la tenue d'un sommet extraordinaire de la SADC pour traiter le cas de Madagascar, probablement au mois d'avril.

Outre l'éventuelle questions logistiques, un tel calendrier s'apparente à un autre message adressé à l'Union africaine.

Le bloc économique régional veut garder son rythme malgré la demande de l'organisme panafricain pour disposer du rapport de l'avancement du règlement de l'article 20 de la Feuille de route « au plus tard au début avril ». L'on ne sait pas seulement ce qui s'est dit au cours de la rencontre à Iavoloha sur le retour de Marc Ravalomanana.

Le camp de Ravalomanana n'a pas encore réagi. De son côté, une source proche de Andry Rajoelina se réjouit de la tournure des événements et tire à boulets rouges sur l'Union africaine. « Le principe de subsidiarité donne mandat à la SADC pour traiter le cas de Madagascar. Même la France avait indiqué sa disposition à s'aligner sur la décision du bloc économique régional », remarque-t-elle. « Nous constatons que le CPS s'empresse de favoriser Marc Ravalomanana. Sa décision confirme les soupçons de partialité de sa part en faveur de l'ancien président », fustige-t-elle.

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