Congo-Kinshasa: Le procès Bemba reprend lundi avec une déposition en videoconférence

Photo: Radio Okapi
Le sénateur Jean-Pierre Bemba à la Haye.

Arusha — Le procès du sénateur et ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba reprendra lundi prochain devant la Cour pénale internationale (CPI) avec l'audition d'un témoin à décharge qui déposera en vidéoconférence, selon le calendrier de la cour.

Président du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), Bemba répond de crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour des exactions commises par ses troupes en 2002 et 2003 sur le territoire centrafricain. Le MLC, qui est aujourd'hui l'une des principales forces politiques de l'opposition au président Joseph Kabila, n'était alors qu'une organisation politico-militaire. Des combattants du MLC avaient été envoyés en renfort au président centrafricain de l'époque, Ange-Félix Patassé, qui était aux prises avec une rébellion conduite par l'actuel chef de l'Etat François Bozizé.

Selon une ordonnance disponible sur le site internet de la CPI, le témoin DO4-19, ainsi dénommé pour des raisons de sécurité, restera à la barre jusqu'au 6 mars, si les parties respectent le programme fixé par la chambre. La décision ne donne aucune indication sur l'identité du témoin ni sur le lieu d'où il sera entendu.

La justice pénale internationale a déjà établi, dans plusieurs affaires, qu'un supérieur hiérarchique, civil ou militaire, peut être tenu responsable des crimes commis par ses subordonnés s'il n'a rien fait pour prévenir ces exactions ou en punir les auteurs. Bemba ne nie pas que ces hommes aient commis meurtres, viols et pillages en Centrafrique. Mais il soutient qu'il ne pouvait, de son quartier général de Gbadolite, dans son pays, contrôler des troupes déployées dans un autre Etat souverain, ni savoir qu'elles allaient commettre des crimes ou étaient déjà en train de les perpétrer. Pour lui, ces combattants étaient passés sous le commandement de l'état-major de l'armée centrafricaine dont ils portaient d'ailleurs l'uniforme durant leur mission. Comme dans tout pays indépendant, poursuit l'accusé, leur commandant suprême était alors le président Patassé.

Au cours de la période d'août à novembre dernier, le procès a connu de nombreuses interruptions, en raison de difficultés pour la défense à faire venir des témoins, en particulier ceux vivant en Centrafrique et en République démocratique du Congo (RDC). Bemba, qui présente sa défense depuis le 14 août 2012, a déjà cité 15 témoins. D'autres encore défileront après l'audition de D04-19.

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