L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Afrique Australe: Calendrier électoral - Omer Beriziky remonté contre la SADC

Le chef du gouvernement pourfend la visite et la déclaration du ministre tanzanien des Affaires étrangères, notamment sur les dates des scrutins.

Une visite qui continue de faire jaser. C'est au tour du Premier ministre Omer Beriziky de fulminer l'initiative tanzanienne, qui assure la présidence de la Troïka, organe de coopération de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).

« Il [Bernard Membe, ministre tanzanien des Affaires étrangères] jette un pavé dans la mare et je pèse mes mots : c'est une maladresse », a tonné le chef du gouvernement, hier. « La démarche de la SADC est étonnante. Celle du ministre tanzanien est pour le moins bizarre », a-t-il continué.

Omer Beriziky n'apprécie pas la visite éclair du chef de la diplomatie tanzanienne, porteur du message de son président Jakaya Kikwete, président de la Troïka, et le fait savoir. Bernard Mende a rencontré Andry Rajoelina, président de la Transition, mardi. « Pourquoi Monsieur Bernard Membe arrive-t-il d'une manière impromptue Il n'a ni discuté avec la Primature ni avec la communauté internationale... Et encore moins avec la Commission électorale nationale indépendante pour la transition (CENIT) », soulève-t-il.

Le Premier ministre n'est pas tendre avec le contenu de la déclaration du chef de la diplomatie tanzanienne. « Il n'appartient pas à la SADC de déterminer le calendrier électoral. La Feuille de route stipule qu'il appartient à la CENIT et aux Nations unies de fixer les dates des scrutins. Il [Bernard Membe] sème la confusion dans l'opinion qui commence à connaître l'apaisement. Il ne participe pas, de cette manière, à rassurer la population et ne respecte pas l'indépendance de la CENIT », fustige-t-il.

Omer Beriziky, qui avait déjà exprimé la « tergiversation de la SADC » dans la gestion de la crise, stigmatise la déclaration de Bernard Membe.

Inquiétude et discrétion

Ce dernier avait indiqué qu'une partie de sa mission était de « [s]'informer sur sa [Andry Rajoelina] récente visite auprès du secrétaire général des Nations unies à New York ». Une visite au début du mois qui avait permis au président de la Transition de militer pour la tenue des législatives avant la présidentielle, contrairement à la décision de la CENIT et des experts onusiens.

Le chef du gouvernement est d'autant plus remonté que son initiative, suggérant une rencontre avec Jakaya Kikwete, ne semble pas encore avoir eu de réponse. Il aurait écrit une lettre suggérant une rencontre avec le président tournant de la Troïka, pour apporter son point de vue après l'intervention médiatique de Andry Rajoelina le 8 février. Une intervention durant laquelle le président de la Transition avait fait part de son « inquiétude » concernant l'« actualisation » du calendrier électoral, sans retoucher l'ordre des scrutins.

Pour l'instant, les principaux concernés désignés par la Feuille de route pour définir le calendrier électoral se montrent discrets. Béatrice Atallah, présidente de la CENIT, et Fatma Samoura, représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et coordinatrice des systèmes des Nations unies, n'ont fait aucun commentaire sur les récents événements, hier à Ankorondrano.

Selon certaines indiscrétions, une consigne aurait été émise pour qu'elles ne s'expriment pas sur la situation politique lors de la cérémonie de signature de la charte pour la presse en vue des élections. Une attitude qui, dans une certaine mesure, obéit à l'une des résolutions de la réunion du Comité de pilotage du processus électoral le 13 février, prônant l'apaisement.

La classe politique est divisée, par la lutte d'influence manifeste entre la SADC, du moins la Troïka, et le CPS, tout en tentant de pêcher en eaux troubles. Bernard Membe avait souligné l'« absence de consultation » effectuée par le CPS lors de son assemblée générale du 13 avril. Il avait également démenti tout lien entre le règlement du retour des exilés politiques à la levée des sanctions contre des dirigeants de la Transition décidé par le CPS. Le prochain sommet extraordinaire de la SADC, probablement au mois d'avril, devrait, donner d'autres indications sur l'évolution de la situation.

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