Magharebia (Washington DC)

21 Février 2013

Libye: La Libye accordera des garanties sociales aux anciens combattants

Les responsables libyens expliquent travailler à répondre aux demandes des anciens révolutionnaires.

Les députés libyens envisagent la mise en place d'un régime d'indemnisation pour les anciens révolutionnaires.

Le Congrès général national (CGN) a approuvé en première lecture le projet de loi de pension le 13 février, plus d'une semaine après que des anciens combattants blessés eurent pris d'assaut l'assemblée. La loi vise à garantir des soins de santé et des retraites aux anciens combattants blessés, notamment à ceux qui ont été amputés durant la guerre, a précisé le Libya Herald.

Ce projet de loi est désormais sur le bureau de la commission, qui en rédigera un projet détaillé.

La question a été présentée le 3 février, alors que plusieurs anciens révolutionnaires d'Ajdabiya avaient pris d'assaut le siège du CGN pour demander aux autorités de les indemniser de leurs factures médicales.

Cet affrontement s'était terminé deux jours plus tard, mais non sans avoir contraint le congrès à trouver un nouveau lieu pour gérer les affaires du pays.

Plus de trente personnes avaient pris d'assaut le siège du congrès, a expliqué le président du CGN Mohamed Magarief le 5 février, lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre Ali Zidan.

"Ils se sont avancés jusqu'au milieu du parlement, et plusieurs députés et moi-même les avons rencontrés", a déclaré Magarief.

"Nous avons écouté leurs revendications, bien qu'ils aient parfois parlé de manière inappropriée", a-t-il ajouté.

Il a souligné que certains d'entre eux portaient des armes et que deux ou trois d'entre eux avaient pointé celles-ci à plusieurs reprises en direction d'un député, après avoir dit qu'il parlait d'eux de manière inappropriée.

Le public avait pu assister à ces incidents en direct à la télévision d'Etat, qui retransmettait la séance du CGN.

"Mais nous avons tenu à nous entretenir calmement avec eux, parce que nous comprenons leurs souffrances et leurs sentiments", a expliqué Magarief à propos de cette attaque contre le parlement. "Nous avons suspendu la séance et le parlement a arrêté ses délibérations."

Il a ajouté que le fait de pointer une arme sur quelqu'un constituait un délit et que pénétrer dans l'enceinte du CGN était une agression qui n'aurait pas dû se produire.

"Nous avons cependant refusé l'usage de la force pour les faire partir, bien que je les ai déjà rencontrés à deux reprises à Tripoli et à Benghazi et ai transmis leur dossier au gouvernement", a ajouté le président.

Pour ce qui concerne les personnes blessées, Zidan a expliqué qu'elles étaient traitées aux Etats-Unis, au Canada et en Allemagne, et que des prothèses leur avaient été greffées.

"Seize passeports étaient réservés pour eux à l'ambassade avant cette attaque au parlement, et nous avons déjà contacté l'ambassadeur d'Allemagne pour en ajouter d'autres", avait-il précisé.

Zidan a par ailleurs ajouté que le comportement de certains blessés dans les pays étrangers où ils organisaient des rassemblements et s'en prenaient aux ambassades avait eu une incidence néfaste sur cette question des visas.

La Primature avait publié une décision approuvant le versement temporaire de salaires aux personnes blessées et amputées jusqu'à ce que leur santé s'améliore.

"Ils exigeaient des salaires, nous leur avions donné des salaires, mais ils avaient refusé", a expliqué Zidan. "Après cela, ils ont demandé des logements, des voitures, des traitements de haute qualité et des indemnisations en supplément de ces salaires, et la possibilité d'effectuer les pélerinages avec leurs proches."

"Pour tenter de résoudre le problème, nous avons fait ce que nous pensions être notre devoir, et nous avons répondu aux demandes que nous pouvions satisfaire", a-il ajouté.

Pour le journaiste Miftah Belaid, ces personnes blessées devraient "faire parvenir leurs demandes par le biais de leurs représentants au CGN, en s'adressant aux tribunaux ou en ayant recours à d'autres canaux de communication, mais non en prenant d'assaut le siège du CGN pour y dilapider leurs droits d'une telle manière".

"Je crois qu'ils ont perdu la sympathie des gens lorsqu'ils ont interrompu la séance du CGN, parce que cela représente le chaos dans un pays qui cherche à se construire", a-t-il poursuivi.

Les blessés, en particulier les personnes amputées, doivent bénéficier de leurs droits, a estimé Mahasen Bachir, professeur en école primaire.

"Ils ont payé le prix pour nous durant la guerre, et maintenant, nous bénéficions de la liberté. Ils ont le droit de recevoir un traitement adéquat, mais pas en prenant d'assaut le parlement", a-t-il ajouté.

Ala Fathi, étudiante à l'université, reconnaît également que les Libyens ne devraient pas perturber le travail du gouvernement.

"Nous espérions que le gouvernement traiterait le dossier des personnes blessées pour éviter les rassemblements ou les tentatives de prise d'assaut des bâtiments... Ils doivent être patients, le pays est engagé sur la voie de constitution d'un Etat", a ajouté Fathi.

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