Le Potentiel (Kinshasa)

22 Février 2013

Congo-Kinshasa: Le renforcement du mandat de la MONUSCO examiné au conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité des Nations unies a entamé vendredi 22 février à New York (Etats-Unis) les discussions sur le renforcement du mandat de la Monusco, l'occupation « absurde » de Goma du 20 novembre au 1er décembre 2012 par les rebelles du M23 ayant été « vécue comme un échec des 1.500 Casques bleus » présents dans la ville.

« Le mandat de la Monusco est à revoir. La Monusco n'a pas été en situation d'empêcher ce qui s'est passé face à quelques centaines d'hommes. Déployer 17.000 hommes et fixer un mandat qui ne permet pas d'intervenir, c'est absurde », s'était indigné le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Déjà le 14 octobre, le président François Hollande avait déclaré être « venu en RDC pour évoquer les graves questions, notamment, celles concernant les violences qui se produisent dans l'Est de la RDC et les dossiers relatifs à l'intégrité territoriale ».

« La position que j'ai prise, au nom de la France, est de renforcer la Mission de l'ONU et, surtout, de la remobiliser. La Mission doit être précisée, élargie, si nécessaire, pour que la population civile soit protégée », avait-il précisé à Kinshasa dans une conférence de presse en marge du 14ème Sommet de la Francophonie.

« Toutes les options »

Après la prise de Goma le 20 novembre 2012 par le M23, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait été invité, « dans les prochains jours et en consultation avec les pays participants », à présenter au Conseil de sécurité « toutes les options pour un redéploiement du mandat » de la Monusco.

« La solution la plus envisageable pour l'instant serait de donner à la Monusco un mandat de contrôle des frontières. La nomination d'un envoyé spécial de l'ONU est également dans les tiroirs », entendait-on dire dans les milieux onusiens.

Pour le représentant de la France à l'Onu, « le mandat de la Monusco n'est pas de prendre partie dans la guerre civile ».

« Maintenant que l'armée nationale congolaise a quitté Goma, la mission de la Monusco est de protéger les civils, mission non forcément évidente pour 1.600 Casques bleus perdus dans une ville d'un million d'habitants. Nous avons toujours essayé de promouvoir ce qu'on appelle en jargon le +maintien de la paix robuste+. Nous essayerons dans les jours qui viennent, selon les évènements, de renforcer encore le mandat », avait dit Gérard Araud.

« La Monusco protège les civils »

Interrogé sur par RFI sur la prise de Goma par le M23 « à la barbe et au nez de la Monusco » comme étant « le plus gros échec et une humiliation pour les Nations unies en République démocratique du Congo », le responsable des opérations de maintien de la paix de l'ONU avait répondu que « le mandat porte d'abord sur la protection des civils ».

« Il est évident que le mandat porte d'abord sur la protection des civils. Eh bien, la Monusco protège les civils. Le métier de la Monusco, ce n'est pas de casser du M23. Ce n'est pas son mandat », avait expliqué Hervé Ladsous.

« A Goma, les troupes du M23 sont entrées au nez et à la barbe des troupes congolaises. Il faut réaliser qu'il y avait 7.000 troupes congolaises et qu'elles se sont, malheureusement, évaporées dans la nature. Imaginez la situation dans laquelle sont les 1.500 Casques bleus, avec une ville de près d'un million d'habitants », avait-il souligné.

En réponse à la question de savoir « à quoi sert aujourd'hui cette Monusco budgétivore, son budget annuel avoisinant le milliard et demi de dollars par an », il a affirmé que « la mission de la Monusco n'est pas d'entrer en conflit frontal avec tel ou tel groupe armé ».

« Nous sommes dans ce qui est actuellement le mandat le plus robuste qui ait été donné par le Conseil de sécurité à une mission de la paix des Nations unies. Et encore une fois, notre mission n'est pas d'entrer en conflit frontal avec tel ou tel groupe armé. Elle est d'appuyer les forces armées congolaises - il faut encore que les forces armées congolaises soient présentes sur la scène - et puis, d'empêcher les abus qui mettent en cause les civils. Et cela, nous le faisons au quotidien », a soutenu Hervé Ladsous.

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