Photo: Radio Okapi Une organisation citoyenne de la société civile de la province Orientale basée à Mahagi considère l'Accord-cadre de paix sur la RD Congo de l'Onu signé dimanche 24 février à Addis-Abeba (Ethiopie » par 11 pays des Grands Lacs, de la SADC et de l'Afrique centrale comme « une matérialisation pure et simple du plan occidental visant à émietter le géant de l'Afrique centrale sous l'égide des Nations unies à l'instar des autres Etats ayant subi le même traitement ».
« Le collectif reste en faveur de toute initiative allant dans le sens de ramener la paix, la sécurité et la stabilité à l'Est de la RDC, mais cela dans le strict respect de la souveraineté et du principe d'intangibilité des frontières des Etats. Notre plateforme ne comprend pas pourquoi les Nations unies soutiennent et appuient la militarisation de la RDC par les forces étrangères alors que la MONUSCO dispose déjà d'un effectif pléthorique sans résultat escompté lié au maintien de la paix et a la stabilisation du Congo », a réagi la plate-forme « Sauvons le Congo-Kinshasa ».
Indignation
Dans une déclaration signée par son directeur exécutif et assistant à l'Université du lac Albert David Mokili Mungunuti, parvenue à lepotentielonline.com, le collectif des ONG et Asbl (pour la promotion et la défense du droit civil, politique économique et socioculturel des peuples en RDC) « se demande si les Nations unies ne marchent pas sur les traces du M23 ».
Le collectif « regrette que l'application de cet Accord astreint la RDC au respect de certains engagements autres que ceux qui leur sont communs avec les autres Etats signataires, notamment ceux relatifs à la démocratisation comme si elle était la seule où la démocratie se porte mal dans la région des Grands Lacs ». Il se dit « vexé de l'idée exprimée par le sous-secrétaire d'Etat américain chargé de l'Afrique, M. Johnnie Carson au sujet de la résolution des conflits en RDC ».
« Pour nous, ses propos sont dangereux et dévoilent un vieux plan de balkanisation de notre pays par les occidentaux. C'est pourquoi nous demandons au gouvernement congolais de ne pas souscrire à cet accord sans être soumis au débat public. Nous estimons que attribuer au Rwanda et à l'Ouganda des responsabilités telles que le suivi et la mise en oeuvre dudit accord constitue pour nous +une prime à l'agression+ », s'indigne-t-il.
Il note que « le paradoxe qui en ressort est que les deux voisins agresseurs jouent déjà un rôle plus important non seulement dans la sous-région mais aussi sur le plan international ». Il en veut « pour preuve, hier l'Ouganda s'est vu confier la facilitation dans les pourparlers de Kampala entre le M23 et le gouvernement de la RDC alors que le Rwanda, lui, a été élu membre non permanent au conseil de sécurité des Nations unies comme si le rapport du panel des experts des Nations unies ne valait rien ».
« Mise à mort d'un Etat »
Appelant les Congolais « au patriotisme et au nationalisme avérés car la souveraineté de la RDC se trouve entre l'enclume et le marteau des Occidentaux », le collectif exprime la conviction que « l'attitude de la communauté internationale consacre la mise en mort d'un Etat, la RDC, au profit des éventuels micros-Etats que seuls les concepteurs ont le secret ».
« Le Rwanda et l'Ouganda n'ont jamais travaillé pour le compte des Nations unies mais plutôt pour l'intérêt de leurs parrains occidentaux aux dépens de l'instabilité des Etats du tiers monde. Cela se manifeste au travers des discours et critiques peu diplomatiques à l'endroit des forces des Nations unies proférées par les deux chefs d'Etat : Kagame et Museveni », relève encore le collectif.
Et afin de tenter de sauver ce qui peut l'être encore, l'organisation citoyenne de la société civile de Mahagi recommande que « le draft de cet Accord-cadre, ayant été conçu et traité dans les laboratoires de l'ONU et des USA, devra faire objet d'un débat pour amendement et adoption par la plénière au prochain Dialogue national ».
Elle exhorte le gouvernement congolais à « mettre à nue le contenu de cet Accord-cadre surtout qu'il s'agit d'un problème qui engage la nation congolaise tout entière et cela conformément à son programme de l'éducation à la nouvelle citoyenneté ».
Elle recommande « au peuple congolais (toute tendance confondue) de faire échec à tout plan de balkanisation de la RDC pour sauver une fois pour toutes l'unité et la cohésion nationale de notre cher et beau pays le Congo-Kinshasa ».
Enfin, elle « exprime ses vifs regrets et étonnement aux Nations unies au sujet des engagements auxquels la RDC sera soumise », estimant que l'Accord-cadre « constitue un copier-coller des revendications du M23 et constitue par conséquent une récupération par l'ONU de l'échec des pourparlers de Kampala au profit du M23 et de ses alliés agresseurs ».

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