La Prospérité (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Kabila - 'Il est temps de garantir la paix aux congolais' !

Photo: Radio Okapi
Une vue de délégués du M23 à Kampala lors des négociations avec le gouvernement congolais (Décembre 2012)

Kinshasa — Enfin, le fameux accord-cadre destiné à ramener la paix à l'Est de la RD-Congo a été signé hier, dimanche 24 février 2013, à Addis-Abeba, au siège de l'Union Africaine.

Le Chef de l'Etat RD-Congolais, Joseph Kabila Kabange a émis le voeu de voir cet accord contribuer à mettre un terme à la situation déplorable dans l'Est de son pays. L'heure, a-t-il soutenu, est arrivée pour écrire une page glorieuse que celle de deux dernières décennies, marquées par une guerre récurrente, des violations massives des droits de l'homme et le mépris de la vie humaine. Il est temps, plus que temps, a-t-il poursuivi, que "nous garantissions à nos populations le droit à la vie et la jouissance soutenue au bien-être le plus précieux qu'ils attendent de leurs dirigeants, à savoir, la paix". Bien plus, Joseph Kabila a martelé qu'il faut définitivement tourner le dos à cette logique d'un autre âge fondé sur la loi de la force plutôt que la force de la loi, qui confond vengeance et justice, et qui autorise le plaignant à rendre des sentences dans sa propre cause et à les exécuter lui-même.

Quant à Ban Ki-moon, SG de l'ONU et garant de la bonne application de cet accord, il espère que cet accord mènera à une ère nouvelle de paix et de stabilité pour les peuples de la RDC et de la région. Le Patron de l'Onu a, par ailleurs, souligné qu'il ne s'agit là que du début d'une approche globale qui nécessitera un engagement soutenu de la part des pays de la région, pour apaiser cette zone mise en mal par de nombreuses rébellions. Ban Ki-moon, pour l'Onu et, Mme Dlamini Kosa Zana, pour l'UA, ont présidé la cérémonie.

Côté Chefs d'Etat, six sur les onze attendus ont répondu présent à l'appel du Secrétaire Général de l'Onu. Joseph Kabila de la RDC, Jacob Zuma de l'Afrique du Sud, Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, Paul Kagame du Rwanda, Kikwete de la Tanzanie ainsi que le Président Mozambicain. Tandis que leurs collègues de l'Angola, l'Ouganda, le Burundi, la RCA et la Zambie se sont fait représentés. Tous, en effet, ont apposé leur signature sur le document et se sont engagés à le respecter afin de promouvoir la paix en RDC et dans l'ensemble de la région.

L'accord, il convient de le rappeler, interdit aux pays voisins de soutenir les rébellions ne RDC et en courage une série de réformes en vue de l'instauration d'un Etat de droit à l'Est de la RDC. Outre les interventions de Ban Ki-moon et de Joseph Kabila, l'on retiendra également celle de Paul Kagame, Président rwandais dont le pays est accusé par le panel d'experts de l'Onu d'être le principal soutien aux différentes rébellions qui naissent en RDC. Pour lui donc, rien ne peut davantage bénéficier au Rwanda qu'une avancée réelle vers la paix régionale et la stabilité.

Kagame a appelé, en outre, à s'attaquer avec sincérité aux réels problèmes de droit, de justice et de développement et à trouver de vraies solutions pour les gens qui attendent de "nous un rôle dirigeant". Cette signature, il convient de le rappeler, aurait dû intervenir fin janvier 2013, en marge du Sommet de l'Union Africaine. Seulement elle avait été renvoyée à une date ultérieure. En son temps, aucune raison valable n'avait été donnée. Mais, des sources dignes de foi faisaient état d'un différend entre l'Onu et les pays de la Communauté de développement de l'Afrique Australe, s'agissant notamment du commandement de la Force internationale neutre, FIN.

L'Onu souhaitant l'intégration de la FIN au sein de la Monusco. Une position rejetée par la SADC qui, elle, militait pour commandement autonome, surtout que c'est elle qui devait fournir les troupes. Reste à savoir si, finalement, un compromis a été trouvé au sujet de cette brigade à déployer dans l'Est de la RDC, pour traquer et neutraliser les groupes armés dont principalement les Fdlr et le M23. Sur le terrain à l'Est, cependant, les nouvelles ne sont pas bonnes. Selon Roger Meece, Représentant spécial de Ban Ki-moon en RDC, il y a détérioration continue des conditions de sécurité dans l'est de la RDC. Voilà pourquoi il a plaide pour un renforcement des moyens militaires accordé aux Casques bleus. "

Depuis l'opération en novembre dernier du Mouvement du 23 mars (M23), même si certains éléments sont encourageants, notamment la relative faiblesse des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), certaines zones ont connu une détérioration significative sur les plans sécuritaire et humanitaire.

A l'en croire, le M23 a maintenu des positions militaires importantes aux abords de Goma et semble toujours "bien équipé, approvisionné et armé". Pis encore, le M23, révèle M. Meece, continue de mener des patrouilles ou autres opérations près de Goma où l'atmosphère, tendue, pourrait se transformer en un conflit " à grande échelle ". Aussi, le patron de la Monusco place-t-il beaucoup d'espoirs dans deux initiatives majeures qui auront un impact direct sur les activités de la Mission, à savoir : l'ajout de drones aux capacités de surveillance de la MONUSCO, ainsi que d'une brigade d'intervention dont " le mandat irait au-delà des mandats traditionnels de maintien de la paix de l'ONU.

Une telle composante, a-t-il ajouté, est indispensable pour créer les conditions nécessaires à obtenir de toutes les parties les engagements permettant la réalisation d'une paix durable.

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