Madagascar: La société civile interpelle les politiques sur l'amnistie

A cinq mois du premier tour de la présidentielle à Madagascar, l'Observatoire de la vie publique fait part de son inquiétude. Les membres du Sefafi indiquent qu'il reste encore beaucoup d'obstacles à lever pour permettre de sortir de la crise, et accusent les responsables politiques de ne pas avoir mis en oeuvre la feuille de route, signée en 2011.

Quatre ans maintenant après le coup de force d'Ange Razoel et le départ de l'ancien président Marc Ravalomanane, la question de l'amnistie, par exemple, n'est toujours pas réglée.

C'est l'un des points les plus épineux. Alors que depuis vingt ans, les crises se succèdent, l'amnistie est réclamée par de nombreux hommes politiques. Mais selon Annie Rakotoniaina, professeur de droit et membre du Sefafi, les Malgaches eux, s'en méfient. Ils ne veulent pas tout oublier, tout effacer :

« Ils ne veulent pas d'une amnistie trop largement accordée. Ils ne veulent pas que l'amnistie verse dans l'impunité. L'histoire à Madagascar a montré que l'amnistie a toujours été une question concoctée par les politiques et pour les politiques. Et les citoyens, dans leur majorité, n'en veulent plus ».

Pourtant, même controversée, elle reste indispensable pour sortir de la crise. Selon la feuille de route, sans loi d'amnistie, il n'y aura pas d'élections. C'est donc sur les prochains scrutins que le doute continue de planer.

« Tant que les élections n'ont pas eu lieu, il y aura un doute sur le fait de savoir si elles se tiendront ou pas . Donc nous, nous restons vigilants, parce qu'il faut que les élections se tiennent », explique Annie Rakotoniaina.

Des élections attendues par la population depuis le début de la crise. Pour l'instant, les politiques ont donc failli à leur devoir, conclut le Sefafi, espérant qu'en cette année cruciale, ils n'y manqueront plus.

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