Sidwaya (Ouagadougou)

24 Février 2013

Mali: Quand des arabes attaquent des touaregs !

Photo: Brahima Ouedraogo/IRIN
Soldats djihadistes.

La guerre au Nord-Mali est loin de livrer son épilogue. Au moment où l'on s'y attendait le moins, un nouveau front a été ouvert dans la ville d'In-Khalil, dans le cercle de Tessalit.

Dans la matinée du 23 février 2013, des hommes armés, à bord d'une trentaine de véhicules, ont attaqué les positions des rebelles touarègues du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA). L'aventure orageuse et suicidaire de ces hommes, se revendiquant du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), a amené les forces françaises, restées impassibles, une période durant, à s'engager dans les hostilités. Les assaillants prétendent qu'ils sont ulcérés par les exactions et les pillages dont les populations arabes sont victimes. Des véhicules et des biens appartenant aux siens auraient été confisqués par des Touaregs, un mois plus tôt. Et c'est faute d'avoir trouvé une solution consensuelle qu'ils ont décidé de bander les muscles pour en découdre avec leurs « bourreaux ». Serait-ce la fin de l'entente cordiale entre Arabes et Touarègues ? Intox, rouspète le porte-parole du MNLA, Ibrahim Mohamed Assaleh. Selon lui, le MAA est un mouvement, ayant existé de nom, qui a déjà rejoint le cimetière des enseignes disparues.

Il avance qu'il s'agit en réalité de combattants du Mouvement pour l'unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), en précisant que le numéro 2 de ladite structure, Oumar Ould Hamahra et son chef d'état-major des armées, Hussein Ghoulam, ont pris part aux combats. A ce jeu, on ne sait pas qui dit vrai, mais ce dont on est sûr, c'est que les frères ennemis du prétendûment territoire de l'Azawad, se sont livrés à une guerre de communication ; qui pour traduire son incapacité à faire tout seul face à des fournaises infernales, qui pour masquer son identité réelle. Si ça se trouve que les responsables du MUJAO étaient réellement en première ligne des combats, on croirait qu'ils manquent d'hommes. Ou bien, serait-ce une façon à eux de faire montre d'exemplarité. En tous les cas, ils sont, tous sans exception, traqués jusque dans leurs derniers retranchements, même dans les grottes de l'Adrar des Ifoghas.

En ce moment, les jihadistes n'existent, dans le septentrion malien, que par des infiltrations et des attaques kamikazes qui sèment la tristesse et la désolation. Ce ne serait pas étonnant que le MUJAO, envieux de la situation du MNLA, libre comme un poisson dans l'eau, tente de ressortir la tête des vents mouvants de sable, en usurpant un statut. Ce mouvement, dont le gros des troupes est constitué de Subsahariens, n'aurait pas d'appuis solides à l'étranger autant qu'Al Qaïda au Maghreb islamique et Ansar Dine, dont les têtes d'affiche se sont évanouis dans la nature. Ceci expliquant cela, les plus Africains des enturbannés auraient tenté de ressusciter, sous un manteau suspect, afin de poursuivre leurs trafic ignoble dominés par les enlèvements. Quid d'eux, ils ont pris une de ces jolies ratatouilles après que la France eut répondu, par des balles fielleuses, à leur offre de lutte contre le terrorisme et le narcotrafic. Bilés par leur impuissance, ils ont été contraints de replier pour ruminer, une fois de plus, des idées de vengeance. Deux approches pourraient être adoptées.

La première, la persévérance dans la main tendue, au prétexte de lutter contre les forces du mal. Ils vont alors multiplier des communiqués assaisonnés de propos aux angles savamment arrondis pour ankyloser les parties prenantes au conflit. Faute de réussir, ils adopteraient la deuxième qui consiste à poser des guignes sous les pas des combattants du MNLA. Pendant ce temps-là, des jihadistes, allant des insuffisamment moulés aux préceptes suicidaires aux extrémistes, pourraient venir proposer leurs bras et leurs forces au mouvement touarègue, MNLA, qui avait connu la même hémorragie, il y a peu de temps seulement.

Devant la menace de ce climat d'obscurité généralisé, il urge que la France, qui se comporte en protecteur du MNLA, prenne la mesure de la situation. Le bon sens ne comprend pas pourquoi elle a refusé l'offre du supposé MAA, fondé le 12 mars 2012, qui ressemble fort bien à celle du MNLA, créé le 16 octobre 2011. Elle a ouvert une brèche dans laquelle tout le monde, sauf personne, veut s'engouffrer. Il est plus que jamais temps qu'elle prenne ses responsabilités et mette le MNLA devant les siennes. Sinon...

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