Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Complot - Une preuve de plus

L'accord-cadre de paix préparé par les Nations unies, supposé ramener la paix et la stabilité dans l'Est de la République démocratique du Congo, a été finalement signé le dimanche 24 février à Addis-Abeba, siège même de l'Union africaine.

Après le veto de certains pays de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), qui se sont ouvertement opposés à la signature de la première mouture de l'accord des Nations unies, cette fois-ci aura été la bonne.

C'est dire que l'ONU a pu finalement intégrer dans le nouvel accord les aspirations des uns et des autres, permettant de faire l'unanimité dans les rangs de toutes les parties impliquées dans la mise en oeuvre de ce document.

Preuve de sa forte implication pour la réussite de cet accord, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a promis de nommer dans la région des Grands Lacs un envoyé spécial qui devait le représenter en toutes circonstances. Sans doute, pour éviter tout blocage dans la mise en oeuvre d'un accord qui paraît être celui de la dernière chance en vue du rétablissement d'une paix durable dans l'Est de la RDC.

Mais que dire donc du contenu exact de cet accord ? Le plus important est que l'accord-cadre de l'ONU contient des engagements aussi bien de la part de la RDC, des pays de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), de la SADC que de la communauté internationale.

Attardons-nous cependant sur les engagements directement liés à la RDC. Dans l'accord-cadre de paix de l'ONU, la RDC est pratiquement mise à l'épreuve. Elle concède tout et s'oblige, par conséquent, à opérer des réformes de grande envergure pour faire preuve de sa capacité à travailler de commun accord avec les Etats de la région pour garantir la paix et la stabilité. Aussi bien sur son territoire que chez les voisins.

La RDC se sent obligée, au regard de l'accord, à engager des réformes sur les plans sécuritaire, politique, économique et social, dans un élan de réconciliation et de démocratisation.

Quant à ses voisins les plus immédiats, notamment le Rwanda et l'Ouganda, cités comme principal soutien de la rébellion du M23, sans pourtant les condamner, l'accord les supplie - c'est le terme approprié - à ne pas travailler à la déstabilisation de la RDC. C'est tout et rien d'autre. Dans tous les cas, l'ONU a fait la part belle à Kigali et Kampala.

Pendant ce temps, la RDC aura tout donné, jusqu'à hypothéquer sa souveraineté. Et ce, au nom d'une paix qui n'est pas du tout garantie. Car ce n'est pas le premier accord que la RDC accepte d'endosser pour le retour de la paix dans sa partie orientale.

Contrairement aux précédents, l'accord signé hier dimanche à Addis-Abeba a tout l'air d'une capitulation ; la RDC se mettant presque sous tutelle des Nations unies qui devraient veiller à ce que tout évolue au rythme de son accord.

L'accord-cadre prévoit un mécanisme de suivi, dénommé « 11+4 », dans lequel se trouvent également impliquer les Nations unies, l'Union africaine, la SADC et la CIRGL.

Quel crédit accorder dès lors à un tel dispositif lorsque les mêmes qui allument le feu dans l'Est du pays doivent travailler pour l'éteindre ? Un paradoxe qui ne s'explique pas. Ainsi en a décidé l'ONU dont l'agenda, l'on ne s'en doute, n'est pas forcément celui de la RDC.

L'accord-cadre de paix de l'ONU est la preuve d'un complot ourdi en haut lieu de la communauté internationale pour en faire voir de toutes les couleurs à la RDC. A terme, l'accord fragilise la RDC en l'amputant de tous les attributs d'un Etat souverain. Ce qui devait ouvrir la voie à sa décapitation, autrement dit sa balkanisation.

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