Un homme soupçonné d'avoir tué l'opposant Chokri Belaïd, a été arrété le 25 février avec son complice présumé. Les deux hommes appartiendraient à la mouvance islamiste.
Le tueur serait un artisan de 31 ans. Il aurait été arrêté dans la banlieue de Tunis. L'assassinat de l'opposant laïc, il y a bientôt trois semaine, a plongé le pays dans une profonde crise politique.
Selon l'Agence France presse, deux hommes ont été arrêtés le 25 février. L'un d'eux, artisan spécialisé dans les meubles en aluminum, âgé de 31 ans, interpellé à Carthage dans la banlieue huppée de Tunis, serait le tueur présumé de Chokri Belaïd.
Le second serait son complice présumé, le motard qui lui aurait permis de prendre la fuite le matin du 6 février, jour de l'assassinat de l'opposant de gauche tunisien.
Selon une source citée par l'AFP, le tueur serait membre des LPR, Ligues de protection de la révolution de la ville de Kram près de Tunis, confirmant ainsi la piste islamiste. Car ces fameuses ligues, sont des groupes hétéroclites, partisans des islamistes au pouvoir, souvent violents.
Ils sont régulièrement accusés d'être des milices pro-Ennahda par l'opposition et d'être à l'origine de l'explosion de la violence politique en Tunisie.
Réactions
Besma Khalfaoui, la veuve de Chokri Belaïd reste prudente après l'annonce de cette arrestation.
C'est un crime très complexe organisé. Je ne sais pas si c'est possible d'avoir des réponses aussi vite que cela, je reste prudente.
Pour Maître Mohamed Jmour, le secrétaire général adjoint du parti de Chokri Belaïd, le PPDU, Parti des patriotes démocrates unis, la prudence s'impose encore d'autant plus que les personnes arrêtées ne sont potentiellement que les exécutants. Les commanditaires, eux, courent toujours.
Mohamed Jmour
N°2 du PPDU de Chokri Belaïd
Lancement du Pacte de Tunisie des droits et libertés
« Unissons nous contre la violence », c'est le message qu'a fait passé la veuve de l'opposant Chokri Belaïd hier soir à Paris, lors du lancement de la campagne internationale de soutien au « Pacte de Tunisie des droits et libertés ».
Un texte, qui a déjà recueilli depuis l'été dernier plus de 100 000 signatures, et qui demande notamment que l'universalité des droits de l'homme soit inscrit dans le préambule de la future Constitution.
Une cérémonie a été organisée hier soir par la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, l'Institut arabe des droits de l'homme et l'organisation Opinion internationale.
Parmi les invités et intervenants, Yadh Benachour, constitutionnaliste tunisien, qui milite pour que la Constitution tunisienne en cours de rédaction prenne en compte les droits de l'homme.
Yadh Benachour
Constitutionnaliste tunisien
Affirmer l'universalité des droits de l'homme et se référer à la Déclaration universelle des droits de l'homme sont les conditions minimum pour que notre Constitution devienne un texte digne de la révolution tunisienne.
L'ancien ministre français de la justice, Robert Badinter, était également présent pour apporter son soutien au « Pacte de Tunisie des droits et libertés ».
Robert Badinter
Ancien Garde des Sceaux et avocat
En ce moment, c'est l'avenir des Tunisiens, et au delà des Tunisiens, c'est l'avenir de l'universalité des droits de l'homme. C'est un enjeu immense.

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