Le Quai d'Orsay a appelé les ressortissants français résidant à la frontière Bénin/Nigeria à redoubler de vigilance face aux menaces d'attentats et d'enlèvements.
Mais ce cri d'alarme a retenti comme un tonnerre dans les oreilles des autorités béninoises qui se disent plutôt sonnées. Par son ministre de l'Intérieur et de la sécurité publique, Benoît Dégla, le Bénin dénonce ce qu'il qualifie d'« excès de zèle des diplomates français » et de « création de psychose artificielle ». Y a-t-il vraiment de quoi ferrailler contre Paris qui ne demande à ses ressortissants que prudence ? A la vérité, la susceptibilité du Bénin tombe mal à propos. Cela pour plusieurs raisons.
Tout d'abord parce que la menace terroriste est aujourd'hui un problème mondial qui n'épargne aucun pays, aussi fort, aussi vaste et aussi riche soit-il. Les Etats-Unis, première puissance mondiale, n'ont-ils pas été victimes de l'un des pires attentats que jamais n'a connu l'humanité ? Ensuite, parce que le Nord-Est béninois, du fait de sa proximité avec le Nigeria où sévit chroniquement la nébuleuse djihadiste Boko Haram, est une zone de tous les dangers pour les expatriés. La troisième raison qui fait croire que la susceptibilité du Bénin est mal placée est que ce pays est dans l'oeil du cyclone terroriste du fait qu'il fait partie des pays qui ont envoyé des troupes militaires pour renforcer la MISMA (Mission internationale de soutien au Mali). L'on garde toujours en mémoire que les islamistes, qui ont très souvent mis leurs menaces à exécution, avaient promis de se venger contre tous ces pays qui auront apporté leur concours au Mali.
Enfin, si le Bénin, qui se veut aussi rassurant au point de s'insurger contre l'appel de la France à la vigilance, était aussi prémuni, il aurait déjoué le plan des pirates qui ont récemment sévi dans ses côtes maritimes. C'est au regard de toutes ces raisons que la sortie du Bénin étonne et stupéfait outre mesure. Et si par-delà tout, les terroristes venaient à alpaguer un expatrié sur le sol béninois comme cela s'est produit récemment au Cameroun ? A croire que le Bénin n'aurait aucune excuse le cas échéant.
Au fait, en pareilles circonstances, la prudence recommande le silence et des actions discrètes pour prouver à ceux qui s'inquiètent qu'on est prêt à parer à toute éventualité. En tous les cas, très souvent, la France n'interpelle pas ses ressortissants dans le vide. Il faut le lui concéder, elle dispose de services de renseignements des plus sophistiqués au monde. Il faut lui reconnaître aussi le droit d'interpeller ses ressortissants sur les dangers qu'ils courent en allant dans tel ou tel endroit.
C'est en cela que le Bénin semble faire l'amalgame entre les pays africains qui se soucient moins du sort de leurs ressortissants livrés aux dangers sans l'assistance de leurs autorités politiques. Inutile donc de s'en prendre aux autorités françaises qui jouent leur rôle régalien qui est de protéger leurs ressortissants.
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